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C’est une émission de 120
secondes qui est une émission chronique radio humoristique et qui est tournée
au studio de la Radio télévision suisse (RTS). Elle est constituée d’interviews
avec des personnes fictives sur des sujets de l’actualité. L’émission en
question : « La situation au FC Sion » a été réalisée le premier
mars 2013. L’interviewer est Vincent Veillon et les interviewés sont deux hommes
qui jouent le rôle de deux footballeurs de la première équipe du FC Sion,
Patrick Lamon et Sylvain Roduit. La thématique de l’interview est la situation
au sein de leur club après l’évincement de l’entraîneur Victor Muñoz par
Christian Constantin.
Premièrement, j’ai choisi une émission de 120 secondes,
parce qu’elles me plaisent et elles sont très comiques. Deuxièmement, j’ai
choisi l’émission en question, après en avoir regardé quelques-unes sur youtube,
parce qu’elle me paraissait assez marrante, surtout pour la manière dont les
deux footballeurs parlent.
Typologie
120 secondes est émission dont le
but est d’être satirique. Il s’agit de reprendre un sujet de l’actualité et de
le traiter d’une manière ironique pour se moquer d’une personne, d’un thème de
discussion, d’un sujet en général, etc. Pour cette émission en question il s’agit
de se moquer de la situation (qui n’est plus actuelle pour nous, car elle a eu
lieu en mars) du FC Sion.
Transcription
A = Annonciatrice
I = Interviewer
(Vincent Veillon)
P = Patrick
Lamon
S = Sylvain Roduit
A : 120
secondes, l’invité d’la rédaction trois
I : après la
défaite concédée par son équipe à Thun dimanche dernier Christian Constantin a
décidé de mettre l’entraîneur du FC Sion Victor Muñoz sous la douche et
ses joueurs devant leur responsabilité en les privant de coach. C’est l’capitaine
le récent transfuge Gennaro Gattuso qui a été propulsé chef de groupe, mais
sans statut officiel. On va parler de l’état d’esprit qui règne au sein du club
avec vous ce matin Patrick Lamon et Sylvain Roduit. Bonjour
P : bonjour
S : bonjour
I : vous évoluez
dans la première équipe du FC Sion, alors on va peut-être commencer par un bref
retour en arrière. Racontez-nous s’qui c’est passé dimanche dernier à Thun.
P : ben, Chrstian
est débarqué dans les vestiaires pour nous engueuler comme il fait à chaque
match
S : oui, je
trouve que là il était vraiment en [colère
P : [ouais],
alors il a enlevé son manteau en cuir
S : il a déchiré
sa chmise
P : il s’est mis
à taper sur ses pectoraux en hurlant
S : comme King
Kong
P : d’ailleurs
depuis on l’appelle tous King Kongs
S : ensuite on a
tous pris une [douche
P : [ouais]
I : une
douche ? à la mi-temps ?
P : ben ouais,
on avait tous chié au foc, alors on a dû prendre une douche et pis changer de
short
S : et pendant
qu’on était sous la douche, Christian il a changé d’chmise
P : ouais
S : et puis il a
ouenché Muñoz
I : il a
ouenché ?
P : ouencher,
vous savez c’est quand vous tirez l’slip comme ça par derrière par surprise
S : c’est de l’humiliation
[suprême
P : [ouais], dans
le langage verbal à Christian ça veut dire dégage
S : nous quand
on est sorti d’la douche, on a vu Muñoz avec son élastique du slip droit en-là sur
les épaules et pis forcémang
P : on s’est
dit, maintenant il va falloir qu’on s’démerde
I : sur les
faits que Christian Constatin vous aurait répété le lendemain de retour à
Martiny, je cite démerdez-vous ehh ça signifie quoi concrètement pour un footballeur
de se démerder
P : ben, à
l’entraînement on arrive sur le terrain, pis là il y a un qui dit : bon
les gars on fait quoi ?
S : ouais, ben
là il ya ya Gattuso qui dit un truc en calabrais qu’personne comprend
P : alors il
y’en a un autre qui dit ben on pourrait jouer au foot
S : ben alors on
joue au [foot
P : [ouais], on
s’démerde quoi
I : et pour la
composition d’l’équipe, la stratégie et tous les autres taches que que l’entraîneur
est censé à assumer, euh, comment ça s’passe ?
S : ben, on s
démerde
P : pour la
composition d l’équipe, on fait ça zig zag zoug
I : mhh
S : pour la stratégie
c’est simple, euh, le but c’est d’éviter que Christian gueule trop fort
P : ouais parce
que c’est quand même nous qui nettoyons nos shorts
I : mhh
S : et pour le
reste, ben [on s démerde
P : [on s
démerde
I : ça a assez
bien fonctionné pour le match de mercredi soir puisque Sion a emporté contre
Lausanne 2 à 0
P : ouais, la
stratégie a bien fonctionné ce soir-là
S : Christian il
a pas trop gueulé, il nous a même collé une ptite bi sur le front à tous après
l’match
P : ouais, comme
ce ci (fait un bisou sur le front de S) bon gamin, bon gamin
S : merci
Christian
P : merci à toi
I : comment vous
voyez la suite d’la saison ?
P : ben on va
complètement merder la fin du championnat
S : sans entraîneur
vous imaginez ?
P : ouais et pis
on va emporter la coupe de suisse
S : pour faire
plaisir à Christian
I : mais comment
vous pouvez être si défaitiste pour le championnat et et aussi optimiste pour
la coupe ?
P : ben le
championnat c’est du sérieux
S : alors qu’la
coupe il y en a que le FC Sion qui en a quelque chose à battre
P : les autres
équipes elles ont compris que c’est le jeu du folklore
S : vous avez vu
le match mercredi soir à la Pontaise
P : un stade
vide et puis un Lausanne sport complètement démotivé
S : c’est sûr la
coupe de suisse ça fait plus bander personne
P : ouais à part
à part quelques journalistes
S : et Christian
P : lui il fait
la collecte
I : très bien
Patrick Lamon et Sylvain Roduit, j’rappelle que vous appartenez à la première
équipe du FC Sion et j’vous remercie d’être venu nous faire part de l’ambiance
qui règne au sein de votre club. Bonne journée et bonne suite de saison
P : [merci]
S : [merci]
A : 120 secondes
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Analyses
Analyse I
Les interviewés laissent souvent
tomber la voyelle « e » ce qui donne des énoncés comme par exemple « Comment
vous voyez la suite d’la saison ? ». En outre, ils laissent tomber le
« ne » lors de la négation. Le résultat est des énoncés comme par
exemple : « Christian il a pas trop gueulé ». La négation n’est
donc plus construite avec les éléments « ne » et « pas »,
mais il y a qu’un élément des deux qui reste. Ces deux exemples sont typiques
du parler oral, c’est un phénomène d’oralité.
Analyse II
À l’oral on utilise souvent des
mots ou des expressions qui ne font pas partie du français standard. Dans cette
interview, on trouve l’exemple de « ouencher » qui veut dire tirer le
slip par derrière comme nous explique l’interviewé. On ne pourrait pas écrire
ce mot dans un texte académique par exemple, puisqu’il fait vraiment partie du
parler oral.
Explications, recherches,
interprétations
L’interviewer
demande aux footballeurs pourquoi ils sont si défaitistes pour le championnat et
si optimistes pour la coupe. Le FC Sion est une des seules équipes de Suisse
qui n’a jamais perdu la finale de la Coupe de Suisse. L’autre équipe qui n’a
jamais perdu à la finale est le FC Wil qui y a participé qu’une seule fois où
ils ont remporté une victoire. Le FC Sion occupe la deuxième place dans le
classement des victoires à la finale de la Coupe de Suisse.
Adaptation : d’après le roman Tristana de Benito Pérez Galdós (paru en
1892)
Récompenses : Nomination aux Oscars en 1971 comme
Meilleur film en langue étrangère
Réception publique et critique : Le film a été bien
reçu et a rendu célèbre le roman de Benito Pérez Galdós qui, jusqu’à ce
moment-là, avait obtenu peu d’attention publique. Le film a été décrit comme
fascinant, vu qu’il nous prend, qu’il nous possède et qu’on n’arrive pas à s’en
rassasier. Cependant, ce n’est pas un film qui nous laisse tranquille,on
le décrit comme un poème noir, mais beau.
Choix
de deux séquences
Première séquence
C’est la scène où Tristana devient l’amante de Lope. J’ai
choisi cette séquence parce qu’elle nous montre comme Lope convertit Tristana
en son amante et parce qu’elle présente fort contraste avec la dernière scène
du film qui est ma deuxième séquence.
Deuxième séquence
C’est la dernière scène du film. Tristana prend la
décision de se libérer de Lope et le laisse mourir, ce qui fera d’elle son
héritière. Elle pourra vivre ainsi seule et économiquement indépendante. J’ai
choisi cette séquence parce qu’elle nous montre l’acte de libération de Tristana
qui, enfin, prend sa vie en main.
Résumé
et importance des séquences
Première séquence
Lors d’une promenade, Lope (il est important de savoir que Tristana (jeune) est
orpheline et Lope (âgé) est un ami de la famille et l’a accueillie chez lui
après la mort de ses parents) s’ouvre à Tristana de ses inquiétudes et lui dit qu’il
a parfois le sentiment qu’il la dégoûte. Elle lui répond qu’au contraire, qu’il
ne la dégoûte pas du tout. Alors il lui
demande si elle l’aime peut être un peu. Quand elle lui répond que oui,
il la tire derrière un pilier en béton et la prie
de l’embrasser. Tristana lui donne un bisou sur la joue, ce qu’il n’accepte pas,
lui disant qu’il ne veut pas l’embrasser comme ça. Il la rapproche vers lui et
l’embrasse sur la bouche. Par la suite, Tristana rit nerveusement. Ensuite, nous
changeons de lieu et voyons Saturna (servante de Lope) mouler le café. Lope
l’appelle et lui dit d’aller voir son frère sur-le-champ à qui elle voulait
rendre visite. Quand Saturna est partie, il entre dans la chambre où Tristana
est en train de repasser des vêtements. Il lui demande si elle a terminé son
travail et elle lui répond que non, qu’elle a encore du travail à faire. Il lui
dit de laisser le repassage et la prend dans ses bras. Quand Tristana exprime
l’inquiétude que Saturna pourrait revenir, Lope lui répond qu’elle ne reviendra
pas avant le dîner et ajoute qu’il serait temps que Saturna commence à s’y habituer.
Il l’embrasse puis l’emmène à sa chambre. Nous voyons comme Tristana commence à
se déshabiller et puis Lope ferme la porte.
C’est
une séquence très importante parce que c’est ici que Tristana passe de l’état
de « fille » de Lope à celui d’amante. Lope prend en charge Tristana
qui n’a plus personne quand il l’accueille. Il prend le rôle d’un père et Tristana,
elle aussi, le considère comme un père au commencement, c’est pour cette raison
qu’elle lui donne un bisou sur la joue quand il demande qu’elle l’embrasse.
Elle sent de l’affection pour lui, mais seulement dans un sens familial. Le
rire nerveux de Tristana nous montre qu’elle ne se sent pas à l’aise dans cette
situation, nouvelle pour elle qui n’a pas encore perdu son
« honneur » et qui est donc encore innocente. Lope est un
homme qui sait séduire les femmes (il en a
beaucoup séduit pendant sa jeunesse) et qui opte pour la liberté, ce qui revient selon lui à ne pas se marier et à vivre
l’amour librement. D’un côté, il ne ressent pas le besoin de cacher leur
« relation » devant Saturna, au contraire de Tristana qui craint que
Saturna s’en rende compte. Mais d’un autre
côté, Lope essaie de cacher cela devant la collectivité parce qu’il la tire
derrière un pilier en béton pour l’embrasser. Cette séquence nous montre aussi le
moment où Lope commence à soumettre Tristana. Elle est officiellement libre,
mais il commence à la contrôler. Quand elle fait connaissance d’un homme de son
âge, il aimerait lui défendre de sortir avec lui, ce qu’il n’obtiendra pas. Mais
il exerce quand même assez de pouvoir psychologique sur elle.
Deuxième séquence
Tristana se réveille parce que Lope l’appelle pendant
la nuit. On voit Lope souffrir et haleter qui est malade. Quand Tristana arrive
dans sa chambre, elle lui demande ce qu’il a et s’il se sent mal. Il répond qu’il
pense que c’est une crise pire que les autres et que c’est insupportable. Il la
prie d’appeler le médecin. Elle lui demande s’il se sent vraiment si mal que ça
et Lope lui répète d’appeler le médecin. Elle sort donc de la chambre et s’assoie
devant le téléphone. Elle hésite puis elle décide de ne pas appeler le médecin,
elle fait donc semblant d’appeler le docteur Miquis et puis elle raccroche le téléphone avec force pour renforcer
l’impression qu’elle l’a vraiment appelé. Ensuite elle retourne dans la chambre
de Lope pour lui dire que le docteur viendra bientôt. Lope ne répond plus,
étant donné qu’il est trop faible, mais on l’entend respirer doucement.
Tristana va ouvrir la fenêtre pour qu’elle soit grand ouverte. Plus tard, on la
voit revenir pour fermer la fenêtre. À cela, suit une sorte de flashback fait de séquences courtes qui
consistent en un choix de scènes qui remontent jusqu’au début du film :
Tristana qui secoue Lope, Tristana qui fait semblant de téléphoner au docteur
Miquis, Tristana qui se réveille parce qu’elle a eu un cauchemar où elle a vu
la tête de Lope pendre à la cloche de l’église, Tristana et Lope après leur
mariage, Tristana et Saturna qui se promènent pour visiter Saturno, le fils de cette
dernière, ce qui est la première scène du film. Et puis la fin s’affiche.
Cette
scène est très importante parce qu’elle montre la « libération » de
Tristana. Le moment où elle décide de ne pas appeler le docteur Miquis et
laisse ainsi mourir Lope qui est tombé malade signifie sa « libération ».
Comme déjà expliqué à propos de la première séquence, Tristana est
officiellement libre, mais Lope la contrôle quand même. Leur mariage signifie
pour Tristana qu’elle est liée à lui. Par contre, sa mort lui permet de se « libérer »,
de prendre enfin sa vie en main et de recommencer. Le mariage pour Tristana
pouvait être considéré comme une chance parce qu’elle a ainsi la possibilité unique
d’hériter de lui. Cela va lui permettre d’être indépendante économiquement, car
elle n’aura plus de soucis financiers étant veuve ce qui n’était pas le cas
avant lemariage avec Lope.
Explications/
interprétations/ recherches du film dans sa totalité
Explication I
Le film nous montre le sort de la femme à l’époque où le
livre Tristana, servant de base au
film, a été écrit. Puisque Tristana est une femme, ce n’est pas facile de
trouver un travail, elle ne peut, par conséquent, pas être économiquement indépendante.
Elle est d’abord dépendante de l’argent de ses parents, et quand ceux-ci
meurent, elle devient dépendante de l’argent de Lope. Comme ses parents ne lui
ont pas laisséde grand héritage, il lui est impossible de vivre
seule, vu qu’elle ne peut pas aller travailler pour les deux raisons suivantes :
premièrement, cela était mal vu à l’époque, car une femme devait rester à la
maison et s’occuper des travaux ménagers et, deuxièmement, elle n’a pas reçu d’éducation
suffisante pour exercer une profession. Elle va donc toujours dépendre de
quelqu’un, cela change cependant quand elle a la possibilité d’hériter de Lope.
Explication II
À un certain moment, Tristana fait connaissance d’un
jeune peintre nommé Horacio dont elle tombe amoureuse. Les deux ont une
relation ensemble, d’abord secrète, vu que Saturna avait dit à Horacio que
Tristana était mariée à Lope. Un jour Tristana lui avoue qu’elle est seulement
son amante et non pas son épouse. Elle continue à lui dire que c’est par Lope
qu’elle a perdu son innocence, ce qui à l’époque voulait dire perdre la
virginité. Horacio se fâche, ne veut plus lui parler et lui dit de s’en aller.
Quand elle a déjà ouvert la porte, il la retient et l’embrasse. Horacio est un
homme assez libéral pour cette époque, puisque la société considérait que la
femme devait préserver sa virginité jusqu’au mariage. Mais quand même, il nous
révèle avec sa réaction qu’il a de la peine avec cela. Ceci nous montre qu’il y
a une grande différence entre l’époque à laquelle cette histoire a été écrite et
la nôtre (nous nous référons ici à la société d’Europe Occidentale).
Aujourd’hui une femme ne doit plus se marier étant vierge, elle peut avoir
plusieurs relations sexuelles avant le mariage et elle peut travailler.
« L’un de nous
fait l’aveugle, l’autre fait le sourd ». Celui qui joue l’aveugle attache
un fichu devant les yeux et le sourd se bouche les oreilles avec de l’herbe. Le
sourd décrit ce qu’il voit et lit sur les lèvres de l’aveugle qui, à son tour, décrit
ce qu’il entend. C’est ainsi que les deux se promènent pendant les alertes. « Plus
tard, avec le temps, nous n’avons plus besoin de fichu pour les yeux ni d’herbe
pour les oreilles. Celui qui a fait l’aveugle tourne simplement son regard vers
l’intérieur, le sourd ferme ses oreilles à tous les bruits ».
Le déserteur
Les jumeaux trouvent
un homme dans la forêt. « Un homme vivant, un homme jeune, sans
uniforme ». Il ne porte plus d’uniforme parce qu’il ne veut plus être
soldat. Il veut rentrer chez soi. Il doit se cacher parce qu’il a quitté son
régiment sans permission. Il a faim et les nuits sont froides, c’est pourquoi
les jumeaux lui amènent de la nourriture et une couverture. Il les remercie et
leur dit qu’ils sont gentils, mais cela n’est pas leur but: « Nous ne
voulions pas être gentils. Nous vous avons apporté ces objets car vous en aviez
absolument besoin ». Ils aident les autres à survivre.
Exercice de jeûne
« Aujourd’hui
et demain, nous ne mangerons pas. Nous boirons seulement de l’eau ». Même
quand la Grand-Mère prépare du poulet, ils résistent et refusent de manger. C’est la première fois qu’elle cuisine du
poulet. « C’est un de nos exercices. Pour nous habituer à supporter la
faim ». Le soir, ils ont de la peine à s’endormir et le lendemain ils ont
le vertige, mais ils continuent leur « exercice de jeûne ». Le jour
d’après, quand ils veulent déjeuner, il n’y rien à manger dans la cuisine, la
Grand-Mère a tout enfermé à la cave, c’est pour cette raison que les jumeaux doivent
se contenter de tomates et de concombres. « Nous pourrions […] ouvrir [la
cave], mais nous décidons de ne toucher à rien ». Quand la Grand-Mère
rentre du marché, elle leur fait une soupe aux légumes et elle leur dit :
« C’est un exercice stupide. Et mauvais pour la santé ».
La tombe de Grand-Père
Un jour, les
jumeaux suivent leur Grand-Mère qui va sur la tombe de son mari (leur
Grand-Père). « Elle arrache les mauvaises herbes de la tombe, creuse avec
une pelle, ratisse la terre, plante des fleurs, va chercher de l’eau dans le
puits, revient arroser la tombe. […] puis elle s’agenouille devant la croix de
bois ». Elle ne prie pas, au contraire, les jumeaux entendent surtout des
injures. Quand la Grand-Mère est partie, ils s’approchent de la tombe et voient
que le « prénom est double avec un trait d’union et ces deux prénoms sont
[leurs] propres prénoms ». Ils ont donc été nommés d’après leur grand-père
maternel. Le soir ils demandent à leur Grand-Mère pourquoi elle l’a empoisonné,
car c’est cela que les gens se racontent. Elle leur répond que rien n’a été
prouvé et qu’ils devaient laisser les gens parler. À la question pourquoi elle
soigne encore sa tombe, elle leur répond que c’est « à cause de ce que les
gens racontent. Pour qu’ils arrêtent de raconter et de raconter ».
Exercice de cruauté
Les jumeaux
inventent un nouvel exercice. Ils veulent tuer des animaux. Ils disent à leur
Grand-Mère : « Quand il y aura quelque chose à tuer, il faudra nous
appeler. C’est nous qui le ferons. […] nous n’aimons pas ça. C’est pour cette
raison que nous devons nous y habituer ». Alors ils commencent à tuer des
animaux, d’abord des animaux qui sont « destinés à manger », puis des
animaux « qu’il ne serait pas nécessaire de tuer ». Ils torturent
même leur chat qui s’enfuit ensuite. Ils promettent donc à leur Grand-Mère de
s’occuper des souris. « Nous fabriquons des trappes, et les souris qui s’y
laissent prendre nous les noyons dans de l’eau bouillante ».
Pourquoi ces
chapitres sont-ils importants ?
D’une manière, chacun
de ces chapitres est important pour la suite de l’histoire. Le chapitre
« Exercice de cécité et de surdité » a son importance plus tard quand
la guerre se termine et les écoles ouvrent à nouveau. Les jumeaux utilisent
l’astuce de jouer l’un l’aveugle et l’autre le sourd pour ne pas être obligés
d’aller à l’école. Ils atteindront leur but d’en être dispensés. Le chapitre
« Le déserteur » nous montre comme les jumeaux aident à tout le monde
qui en a vraiment besoin sans en attendre de la reconnaissance. Le chapitre sur
l’ « Exercice de jeûne » est l’un de plusieurs exercices qu’ils
pratiquent pour devenir plus forts et plus résistants. Ils ne veulent plus être
sensibles à des douleurs physiques comme psychiques (voir les autres chapitres
sur les différents « exercices »). Le chapitre sur « La tombe de
Grand-Père » est important parce que ça sera dans cette tombe que la
Grand-Mère cachera les bijoux, qui offriront une assurance économique aux
jumeaux. Le chapitre sur l’ « Exercice de cruauté » nous révèle que
les jumeaux deviennent de plus en plus cruels. À la fin, ils se sont tellement
endurcis qu’ils peuvent désormais tuer non seulement des animaux, mais aussi
des êtres humains.
Interprétation:
Le livre nous offre
l’aperçu d’une époque de guerre. Les chapitres traités ci-dessus nous montrent
la cruauté de la guerre. Les jumeaux ne sont pas cruels à priori, c’est bien la
guerre et les circonstances qui sont responsables de leurs changements. Pour
survivre il faut être plus fort que les autres et il faut s’isoler
émotionnellement pour supporter les rumeurs des gens de la petite ville. De
surcroît, il faut des astuces pour atteindre les buts. Les jumeaux n’ont pas de
mauvais fond, car quand quelqu’un a besoin de leur aide, ils la lui offrent
sans hésiter, mais ils s’abrutissent à cause de la guerre et les circonstances
dans lesquelles ils se trouvent.
Albert Camus mourut en 1960 d’un accident de voiture.
Dans la serviette qu’il avait prise avec lui, on trouva le manuscrit du
roman « Le premier homme » auquel il était en train de travailler.
L’œuvre inachevée parut en 1994. « Je parlerai de ceux que j’aimais »,
avait écrit Albert Camus dans ses notes. L’ébauche contient de forts traits
autobiographiques. Ceux-ci auraient sûrement disparu dans une version
définitive, si Camus l’avait publiée lui-même.
Quand Jaques Cormery, le personnage principal du
roman, retourne en Algérie à 40 ans, il constate qu’il est né dans un pays sans
racines et sans souvenirs et il se sentait jeté dans ce pays comme le premier
habitant ou le premier conquérant. Les recherches de ses ancêtres et de son
identité restèrent vaines.
Jaques naquit dans un lieu isolé dans l’est de Algérie.
Peu après sa naissance, la Première Guerre mondiale éclata et son père, un
colon français, fut incorporé dans l’armée. Il ne devait plus jamais revoir sa
famille. Jaques déménagea avec sa mère chez sa grand-mère à Belcourt,le quartier pauvre d’Alger. À Belcourt habitaient
et travaillaient des Français, des Arabes, des Espagnols, des Italiens et
beaucoup d’autres. Là-bas, avec ces personnes qui manquaient de tout, Jaques
passa une enfance heureuse. Bien que sa mère ne sût ni lire ni écrire, Jaques
put, comme l’auteur lui-même, grâce à l’aide et à l’encouragement de son
professeur del’école primaire, fréquenter
des établissements du second degré.
b)Explications
de difficultés de grammaire
-Passé
simple :
Il s’agit d’un récit en troisième personne et non pas
d’un discours, c’est pour cette raison que le passé simple est l’option (plutôt
que le passé composé) à choisir au moment de traduire.
-Prépositions :
Il faut faire attention en traduisant les
prépositions. Elles ne sont pas toujours traduisibles littéralement de
l’allemand. La préposition qui accompagne un verbe ou une expression est
souvent propre à la langue et doit être apprise par cœur avec le verbe.
Exemples concrets tirés de cette traduction : mourir de (sterben bei),
travailler à quelque chose (an etwas arbeiten), recherches de (Suche nach ; mais rechercher
qqch), manquer de (an etwas fehlen).
-Subjonctif
après « bien que » :
Après les conjonctions « bien que » et
« malgré que » c’est le subjonctif qui doit suivre. Par contre après
« même si » il faut choisir l’indicatif. On traduit donc dans ce cas
« bien que sa mère ne sût… » (subjonctif imparfait).
-Différence
entre « savoir » et « pouvoir » :
On sait faire quelque chose parce qu’on l’a appris,
mais on peut faire quelque chose parce que la situation le permet. « Je ne
sais pas nager » veut dire que je ne l’ai jamais appris, mais « je ne
peux pas nager » veut dire, par exemple, que je me suis cassé le bras et
que pour cette raison ma situation m’empêche d’aller nager. Lire et écrire sont
des aptitudes apprises, c’est pourquoi il faut choisir le verbe
« savoir », par contre il faut choisir le verbe « pouvoir »
dans la proposition qui suit, parce que c’est la situation qui le lui permet
(cela n’a rien à voir avec quelque chose d’appris).
c)Quelques
lignes sur Camus
Albert Camus naquit en 1913 en Algérie. Il fut un
écrivain, philosophe, romancier, dramaturge, essayiste et nouvelliste français.
Il développa un humanisme qui se fondait sur la prise de conscience de
l’absurdité de la condition humaine. La réponse qu’il proposa à cette absurdité
était la révolte. Il reçut le Prix Nobel de littérature en 1957 et mourut trois
ans plus tard. La peste et L’étranger sont deux œuvres célèbres
qu’il écrivit.