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mercredi 27 mai 2015

Normes pour l'uniformisation des libellés


ATTENTION!
 
Pour l'uniformité des libellés veuillez s'il vous plaît utiliser les libellés déjà existantes (n'oubliez pas d'ajouter la libellé de votre nom) pour que chaque personne utilise les mêmes. Et pour vos versions révisées veuillez utiliser <traduction révisée>, <le grand cahier révisé>, etc. et, en outre, aujouter à toutes les versions révisées la libellé <version révisée>.

mercredi 11 décembre 2013

Interview 120 secondes: par Mélanie G.




Synthèse

C’est une émission de 120 secondes qui est une émission chronique radio humoristique et qui est tournée au studio de la Radio télévision suisse (RTS). Elle est constituée d’interviews avec des personnes fictives sur des sujets de l’actualité. L’émission en question : « La situation au FC Sion » a été réalisée le premier mars 2013. L’interviewer est Vincent Veillon et les interviewés sont deux hommes qui jouent le rôle de deux footballeurs de la première équipe du FC Sion, Patrick Lamon et Sylvain Roduit. La thématique de l’interview est la situation au sein de leur club après l’évincement de l’entraîneur Victor Muñoz par Christian Constantin.

Premièrement, j’ai choisi une émission de 120 secondes, parce qu’elles me plaisent et elles sont très comiques. Deuxièmement, j’ai choisi l’émission en question, après en avoir regardé quelques-unes sur youtube, parce qu’elle me paraissait assez marrante, surtout pour la manière dont les deux footballeurs parlent.  

 

Typologie

120 secondes est émission dont le but est d’être satirique. Il s’agit de reprendre un sujet de l’actualité et de le traiter d’une manière ironique pour se moquer d’une personne, d’un thème de discussion, d’un sujet en général, etc. Pour cette émission en question il s’agit de se moquer de la situation (qui n’est plus actuelle pour nous, car elle a eu lieu en mars) du FC Sion.


Transcription


A = Annonciatrice

I = Interviewer (Vincent Veillon)

P = Patrick Lamon

S = Sylvain Roduit

 

A : 120 secondes, l’invité d’la rédaction trois

I : après la défaite concédée par son équipe à Thun dimanche dernier Christian Constantin a décidé de mettre l’entraîneur du FC Sion Victor Muñoz sous la douche et ses joueurs devant leur responsabilité en les privant de coach. C’est l’capitaine le récent transfuge Gennaro Gattuso qui a été propulsé chef de groupe, mais sans statut officiel. On va parler de l’état d’esprit qui règne au sein du club avec vous ce matin Patrick Lamon et Sylvain Roduit. Bonjour

P : bonjour

S : bonjour

I : vous évoluez dans la première équipe du FC Sion, alors on va peut-être commencer par un bref retour en arrière. Racontez-nous s’qui c’est passé dimanche dernier à Thun.

P : ben, Chrstian est débarqué dans les vestiaires pour nous engueuler comme il fait à chaque match

S : oui, je trouve que là il était vraiment en [colère

P : [ouais], alors il a enlevé son manteau en cuir

S : il a déchiré sa chmise

P : il s’est mis à taper sur ses pectoraux en hurlant

S : comme King Kong

P : d’ailleurs depuis on l’appelle tous King Kongs

S : ensuite on a tous pris une [douche

P : [ouais]

I : une douche ? à la mi-temps ?

P : ben ouais, on avait tous chié au foc, alors on a dû prendre une douche et pis changer de short

S : et pendant qu’on était sous la douche, Christian il a changé d’chmise

P : ouais

S : et puis il a ouenché Muñoz

I : il a ouenché ?

P : ouencher, vous savez c’est quand vous tirez l’slip comme ça par derrière par surprise

S : c’est de l’humiliation [suprême

P : [ouais], dans le langage verbal à Christian ça veut dire dégage

S : nous quand on est sorti d’la douche, on a vu Muñoz avec son élastique du slip droit en-là sur les épaules et pis forcémang

P : on s’est dit, maintenant il va falloir qu’on s’démerde

I : sur les faits que Christian Constatin vous aurait répété le lendemain de retour à Martiny, je cite démerdez-vous ehh ça signifie quoi concrètement pour un footballeur de se démerder

P : ben, à l’entraînement on arrive sur le terrain, pis là il y a un qui dit : bon les gars on fait quoi ?

S : ouais, ben là il ya ya Gattuso qui dit un truc en calabrais qu’personne comprend

P : alors il y’en a un autre qui dit ben on pourrait jouer au foot

S : ben alors on joue au [foot

P : [ouais], on s’démerde quoi

I : et pour la composition d’l’équipe, la stratégie et tous les autres taches que que l’entraîneur est censé à assumer, euh, comment ça s’passe ?

S : ben, on s démerde

P : pour la composition d l’équipe, on fait ça zig zag zoug

I : mhh

S : pour la stratégie c’est simple, euh, le but c’est d’éviter que Christian gueule trop fort

P : ouais parce que c’est quand même nous qui nettoyons nos shorts

I : mhh

S : et pour le reste, ben [on s démerde

P : [on s démerde

I : ça a assez bien fonctionné pour le match de mercredi soir puisque Sion a emporté contre Lausanne 2 à 0

P : ouais, la stratégie a bien fonctionné ce soir-là

S : Christian il a pas trop gueulé, il nous a même collé une ptite bi sur le front à tous après l’match

P : ouais, comme ce ci (fait un bisou sur le front de S) bon gamin, bon gamin

S : merci Christian

P : merci à toi

I : comment vous voyez la suite d’la saison ?

P : ben on va complètement merder la fin du championnat

S : sans entraîneur vous imaginez ?

P : ouais et pis on va emporter la coupe de suisse

S : pour faire plaisir à Christian

I : mais comment vous pouvez être si défaitiste pour le championnat et et aussi optimiste pour la coupe ?

P : ben le championnat c’est du sérieux

S : alors qu’la coupe il y en a que le FC Sion qui en a quelque chose à battre

P : les autres équipes elles ont compris que c’est le jeu du folklore

S : vous avez vu le match mercredi soir à la Pontaise

P : un stade vide et puis un Lausanne sport complètement démotivé

S : c’est sûr la coupe de suisse ça fait plus bander personne

P : ouais à part à part quelques journalistes

S : et Christian

P : lui il fait la collecte

I : très bien Patrick Lamon et Sylvain Roduit, j’rappelle que vous appartenez à la première équipe du FC Sion et j’vous remercie d’être venu nous faire part de l’ambiance qui règne au sein de votre club. Bonne journée et bonne suite de saison

P : [merci]

S : [merci]

A : 120 secondes avec les magasins de chaussure Pompe It Up et Pompes Funèbres

 
Analyses

Analyse I

Les interviewés laissent souvent tomber la voyelle « e » ce qui donne des énoncés comme par exemple « Comment vous voyez la suite d’la saison ? ». En outre, ils laissent tomber le « ne » lors de la négation. Le résultat est des énoncés comme par exemple : « Christian il a pas trop gueulé ». La négation n’est donc plus construite avec les éléments « ne » et « pas », mais il y a qu’un élément des deux qui reste. Ces deux exemples sont typiques du parler oral, c’est un phénomène d’oralité.
 

Analyse II

À l’oral on utilise souvent des mots ou des expressions qui ne font pas partie du français standard. Dans cette interview, on trouve l’exemple de « ouencher » qui veut dire tirer le slip par derrière comme nous explique l’interviewé. On ne pourrait pas écrire ce mot dans un texte académique par exemple, puisqu’il fait vraiment partie du parler oral.
 

Explications, recherches, interprétations


L’interviewer demande aux footballeurs pourquoi ils sont si défaitistes pour le championnat et si optimistes pour la coupe. Le FC Sion est une des seules équipes de Suisse qui n’a jamais perdu la finale de la Coupe de Suisse. L’autre équipe qui n’a jamais perdu à la finale est le FC Wil qui y a participé qu’une seule fois où ils ont remporté une victoire. Le FC Sion occupe la deuxième place dans le classement des victoires à la finale de la Coupe de Suisse.

 

samedi 16 novembre 2013

Tristana par Mélanie G. (révisé)


Le film en bref


Nom du réalisateur : Luis Buñuel

Production : Luis Buñuel & Robert Dorfman

Année de sortie : 1970

Scénaristes : Luis Buñuel, Julio Alejandro

Adaptation : d’après le roman Tristana de Benito Pérez Galdós (paru en 1892)

Récompenses : Nomination aux Oscars en 1971 comme Meilleur film en langue étrangère

Réception publique et critique : Le film a été bien reçu et a rendu célèbre le roman de Benito Pérez Galdós qui, jusqu’à ce moment-là, avait obtenu peu d’attention publique. Le film a été décrit comme fascinant, vu qu’il nous prend, qu’il nous possède et qu’on n’arrive pas à s’en rassasier. Cependant, ce n’est pas un film qui nous laisse tranquille, on le décrit comme un poème noir, mais beau.


Choix de deux séquences


Première séquence

C’est la scène où Tristana devient l’amante de Lope. J’ai choisi cette séquence parce qu’elle nous montre comme Lope convertit Tristana en son amante et parce qu’elle présente fort contraste avec la dernière scène du film qui est ma deuxième séquence.

Deuxième séquence

C’est la dernière scène du film. Tristana prend la décision de se libérer de Lope et le laisse mourir, ce qui fera d’elle son héritière. Elle pourra vivre ainsi seule et économiquement indépendante. J’ai choisi cette séquence parce qu’elle nous montre l’acte de libération de Tristana qui, enfin, prend sa vie en main.




Résumé et importance des séquences


Première séquence

Lors d’une promenade, Lope (il est important de savoir que Tristana (jeune) est orpheline et Lope (âgé) est un ami de la famille et l’a accueillie chez lui après la mort de ses parents) s’ouvre à Tristana de ses inquiétudes et lui dit qu’il a parfois le sentiment qu’il la dégoûte. Elle lui répond qu’au contraire, qu’il ne la dégoûte pas du tout. Alors il lui demande si elle l’aime peut être un peu. Quand elle lui répond que oui, il la tire derrière un pilier en béton et la prie de l’embrasser. Tristana lui donne un bisou sur la joue, ce qu’il n’accepte pas, lui disant qu’il ne veut pas l’embrasser comme ça. Il la rapproche vers lui et l’embrasse sur la bouche. Par la suite, Tristana rit nerveusement. Ensuite, nous changeons de lieu et voyons Saturna (servante de Lope) mouler le café. Lope l’appelle et lui dit d’aller voir son frère sur-le-champ à qui elle voulait rendre visite. Quand Saturna est partie, il entre dans la chambre où Tristana est en train de repasser des vêtements. Il lui demande si elle a terminé son travail et elle lui répond que non, qu’elle a encore du travail à faire. Il lui dit de laisser le repassage et la prend dans ses bras. Quand Tristana exprime l’inquiétude que Saturna pourrait revenir, Lope lui répond qu’elle ne reviendra pas avant le dîner et ajoute qu’il serait temps que Saturna commence à s’y habituer. Il l’embrasse puis l’emmène à sa chambre. Nous voyons comme Tristana commence à se déshabiller et puis Lope ferme la porte.

C’est une séquence très importante parce que c’est ici que Tristana passe de l’état de « fille » de Lope à celui d’amante. Lope prend en charge Tristana qui n’a plus personne quand il l’accueille. Il prend le rôle d’un père et Tristana, elle aussi, le considère comme un père au commencement, c’est pour cette raison qu’elle lui donne un bisou sur la joue quand il demande qu’elle l’embrasse. Elle sent de l’affection pour lui, mais seulement dans un sens familial. Le rire nerveux de Tristana nous montre qu’elle ne se sent pas à l’aise dans cette situation, nouvelle pour elle qui n’a pas encore perdu son « honneur » et qui est donc encore innocente. Lope est un homme qui sait séduire les femmes (il en a beaucoup séduit pendant sa jeunesse) et qui opte pour la liberté, ce qui revient selon lui à ne pas se marier et à vivre l’amour librement. D’un côté, il ne ressent pas le besoin de cacher leur « relation » devant Saturna, au contraire de Tristana qui craint que Saturna s’en rende compte. Mais d’un autre côté, Lope essaie de cacher cela devant la collectivité parce qu’il la tire derrière un pilier en béton pour l’embrasser. Cette séquence nous montre aussi le moment où Lope commence à soumettre Tristana. Elle est officiellement libre, mais il commence à la contrôler. Quand elle fait connaissance d’un homme de son âge, il aimerait lui défendre de sortir avec lui, ce qu’il n’obtiendra pas. Mais il exerce quand même assez de pouvoir psychologique sur elle.

Deuxième séquence

Tristana se réveille parce que Lope l’appelle pendant la nuit. On voit Lope souffrir et haleter qui est malade. Quand Tristana arrive dans sa chambre, elle lui demande ce qu’il a et s’il se sent mal. Il répond qu’il pense que c’est une crise pire que les autres et que c’est insupportable. Il la prie d’appeler le médecin. Elle lui demande s’il se sent vraiment si mal que ça et Lope lui répète d’appeler le médecin. Elle sort donc de la chambre et s’assoie devant le téléphone. Elle hésite puis elle décide de ne pas appeler le médecin, elle fait donc semblant d’appeler le docteur Miquis et puis elle raccroche le téléphone avec force pour renforcer l’impression qu’elle l’a vraiment appelé. Ensuite elle retourne dans la chambre de Lope pour lui dire que le docteur viendra bientôt. Lope ne répond plus, étant donné qu’il est trop faible, mais on l’entend respirer doucement. Tristana va ouvrir la fenêtre pour qu’elle soit grand ouverte. Plus tard, on la voit revenir pour fermer la fenêtre. À cela, suit une sorte de flashback fait de séquences courtes qui consistent en un choix de scènes qui remontent jusqu’au début du film : Tristana qui secoue Lope, Tristana qui fait semblant de téléphoner au docteur Miquis, Tristana qui se réveille parce qu’elle a eu un cauchemar où elle a vu la tête de Lope pendre à la cloche de l’église, Tristana et Lope après leur mariage, Tristana et Saturna qui se promènent pour visiter Saturno, le fils de cette dernière, ce qui est la première scène du film. Et puis la fin s’affiche.

Cette scène est très importante parce qu’elle montre la « libération » de Tristana. Le moment où elle décide de ne pas appeler le docteur Miquis et laisse ainsi mourir Lope qui est tombé malade signifie sa « libération ». Comme déjà expliqué à propos de la première séquence, Tristana est officiellement libre, mais Lope la contrôle quand même. Leur mariage signifie pour Tristana qu’elle est liée à lui. Par contre, sa mort lui permet de se « libérer », de prendre enfin sa vie en main et de recommencer. Le mariage pour Tristana pouvait être considéré comme une chance parce qu’elle a ainsi la possibilité unique d’hériter de lui. Cela va lui permettre d’être indépendante économiquement, car elle n’aura plus de soucis financiers étant veuve ce qui n’était pas le cas avant le mariage avec Lope.


Explications/ interprétations/ recherches du film dans sa totalité

Explication I

Le film nous montre le sort de la femme à l’époque où le livre Tristana, servant de base au film, a été écrit. Puisque Tristana est une femme, ce n’est pas facile de trouver un travail, elle ne peut, par conséquent, pas être économiquement indépendante. Elle est d’abord dépendante de l’argent de ses parents, et quand ceux-ci meurent, elle devient dépendante de l’argent de Lope. Comme ses parents ne lui ont pas laissé de grand héritage, il lui est impossible de vivre seule, vu qu’elle ne peut pas aller travailler pour les deux raisons suivantes : premièrement, cela était mal vu à l’époque, car une femme devait rester à la maison et s’occuper des travaux ménagers et, deuxièmement, elle n’a pas reçu d’éducation suffisante pour exercer une profession. Elle va donc toujours dépendre de quelqu’un, cela change cependant quand elle a la possibilité d’hériter de Lope.

Explication II

À un certain moment, Tristana fait connaissance d’un jeune peintre nommé Horacio dont elle tombe amoureuse. Les deux ont une relation ensemble, d’abord secrète, vu que Saturna avait dit à Horacio que Tristana était mariée à Lope. Un jour Tristana lui avoue qu’elle est seulement son amante et non pas son épouse. Elle continue à lui dire que c’est par Lope qu’elle a perdu son innocence, ce qui à l’époque voulait dire perdre la virginité. Horacio se fâche, ne veut plus lui parler et lui dit de s’en aller. Quand elle a déjà ouvert la porte, il la retient et l’embrasse. Horacio est un homme assez libéral pour cette époque, puisque la société considérait que la femme devait préserver sa virginité jusqu’au mariage. Mais quand même, il nous révèle avec sa réaction qu’il a de la peine avec cela. Ceci nous montre qu’il y a une grande différence entre l’époque à laquelle cette histoire a été écrite et la nôtre (nous nous référons ici à la société d’Europe Occidentale). Aujourd’hui une femme ne doit plus se marier étant vierge, elle peut avoir plusieurs relations sexuelles avant le mariage et elle peut travailler.

mercredi 23 octobre 2013

Distribution des films pour la troisième tâche

(En ordre chronologique des années de parution)

Rahel : La règle du jeu – Jean Renoir (1939)

Syrina : Les Quatre Cents Coups – François Truffaut (1959)

Céline : Le mépris – Jean-Luc Godard (1963)

Nadia : Pierrot le fou – Jean-Luc Godard (1965)

Sofian: La grande vadrouille – Louis de Funès (1966)

Ruth : Baisers volés – François Truffaut (1968)

Mélanie G.: Tristana – Luis Buñuel (1970)

Luca : Les valseuses – Bertrand Blier (1974)

Mélanie H. : La boum – Claude Pinoteau (1980)

Rebekka : La haine – Mathieu Kassovitz (1995)

Marcelle : J’ai toujours rêvé d’être un gangster – Samuel Benchetrit (2007)

Sônia : L’enfant d’en haut – Ursula Meier (2012)

lundi 21 octobre 2013

"Le grand cahier" - Agota Kristof, résumé et interprétation par Mélanie G. (révisé)


Résumé des 5 chapitres assignés :

Exercice de cécité et de surdité
« L’un de nous fait l’aveugle, l’autre fait le sourd ». Celui qui joue l’aveugle attache un fichu devant les yeux et le sourd se bouche les oreilles avec de l’herbe. Le sourd décrit ce qu’il voit et lit sur les lèvres de l’aveugle qui, à son tour, décrit ce qu’il entend. C’est ainsi que les deux se promènent pendant les alertes. « Plus tard, avec le temps, nous n’avons plus besoin de fichu pour les yeux ni d’herbe pour les oreilles. Celui qui a fait l’aveugle tourne simplement son regard vers l’intérieur, le sourd ferme ses oreilles à tous les bruits ».
 
Le déserteur
Les jumeaux trouvent un homme dans la forêt. « Un homme vivant, un homme jeune, sans uniforme ». Il ne porte plus d’uniforme parce qu’il ne veut plus être soldat. Il veut rentrer chez soi. Il doit se cacher parce qu’il a quitté son régiment sans permission. Il a faim et les nuits sont froides, c’est pourquoi les jumeaux lui amènent de la nourriture et une couverture. Il les remercie et leur dit qu’ils sont gentils, mais cela n’est pas leur but: « Nous ne voulions pas être gentils. Nous vous avons apporté ces objets car vous en aviez absolument besoin ». Ils aident les autres à survivre.

Exercice de jeûne
« Aujourd’hui et demain, nous ne mangerons pas. Nous boirons seulement de l’eau ». Même quand la Grand-Mère prépare du poulet, ils résistent et refusent de manger.  C’est la première fois qu’elle cuisine du poulet. « C’est un de nos exercices. Pour nous habituer à supporter la faim ». Le soir, ils ont de la peine à s’endormir et le lendemain ils ont le vertige, mais ils continuent leur « exercice de jeûne ». Le jour d’après, quand ils veulent déjeuner, il n’y rien à manger dans la cuisine, la Grand-Mère a tout enfermé à la cave, c’est pour cette raison que les jumeaux doivent se contenter de tomates et de concombres. « Nous pourrions […] ouvrir [la cave], mais nous décidons de ne toucher à rien ». Quand la Grand-Mère rentre du marché, elle leur fait une soupe aux légumes et elle leur dit : « C’est un exercice stupide. Et mauvais pour la santé ».

La tombe de Grand-Père
Un jour, les jumeaux suivent leur Grand-Mère qui va sur la tombe de son mari (leur Grand-Père). « Elle arrache les mauvaises herbes de la tombe, creuse avec une pelle, ratisse la terre, plante des fleurs, va chercher de l’eau dans le puits, revient arroser la tombe. […] puis elle s’agenouille devant la croix de bois ». Elle ne prie pas, au contraire, les jumeaux entendent surtout des injures. Quand la Grand-Mère est partie, ils s’approchent de la tombe et voient que le « prénom est double avec un trait d’union et ces deux prénoms sont [leurs] propres prénoms ». Ils ont donc été nommés d’après leur grand-père maternel. Le soir ils demandent à leur Grand-Mère pourquoi elle l’a empoisonné, car c’est cela que les gens se racontent. Elle leur répond que rien n’a été prouvé et qu’ils devaient laisser les gens parler. À la question pourquoi elle soigne encore sa tombe, elle leur répond que c’est « à cause de ce que les gens racontent. Pour qu’ils arrêtent de raconter et de raconter ».

Exercice de cruauté
Les jumeaux inventent un nouvel exercice. Ils veulent tuer des animaux. Ils disent à leur Grand-Mère : « Quand il y aura quelque chose à tuer, il faudra nous appeler. C’est nous qui le ferons. […] nous n’aimons pas ça. C’est pour cette raison que nous devons nous y habituer ». Alors ils commencent à tuer des animaux, d’abord des animaux qui sont « destinés à manger », puis des animaux « qu’il ne serait pas nécessaire de tuer ». Ils torturent même leur chat qui s’enfuit ensuite. Ils promettent donc à leur Grand-Mère de s’occuper des souris. « Nous fabriquons des trappes, et les souris qui s’y laissent prendre nous les noyons dans de l’eau bouillante ».

Pourquoi ces chapitres sont-ils importants ?

D’une manière, chacun de ces chapitres est important pour la suite de l’histoire. Le chapitre « Exercice de cécité et de surdité » a son importance plus tard quand la guerre se termine et les écoles ouvrent à nouveau. Les jumeaux utilisent l’astuce de jouer l’un l’aveugle et l’autre le sourd pour ne pas être obligés d’aller à l’école. Ils atteindront leur but d’en être dispensés. Le chapitre « Le déserteur » nous montre comme les jumeaux aident à tout le monde qui en a vraiment besoin sans en attendre de la reconnaissance. Le chapitre sur l’ « Exercice de jeûne » est l’un de plusieurs exercices qu’ils pratiquent pour devenir plus forts et plus résistants. Ils ne veulent plus être sensibles à des douleurs physiques comme psychiques (voir les autres chapitres sur les différents « exercices »). Le chapitre sur « La tombe de Grand-Père » est important parce que ça sera dans cette tombe que la Grand-Mère cachera les bijoux, qui offriront une assurance économique aux jumeaux. Le chapitre sur l’ « Exercice de cruauté » nous révèle que les jumeaux deviennent de plus en plus cruels. À la fin, ils se sont tellement endurcis qu’ils peuvent désormais tuer non seulement des animaux, mais aussi des êtres humains.

Interprétation:

Le livre nous offre l’aperçu d’une époque de guerre. Les chapitres traités ci-dessus nous montrent la cruauté de la guerre. Les jumeaux ne sont pas cruels à priori, c’est bien la guerre et les circonstances qui sont responsables de leurs changements. Pour survivre il faut être plus fort que les autres et il faut s’isoler émotionnellement pour supporter les rumeurs des gens de la petite ville. De surcroît, il faut des astuces pour atteindre les buts. Les jumeaux n’ont pas de mauvais fond, car quand quelqu’un a besoin de leur aide, ils la lui offrent sans hésiter, mais ils s’abrutissent à cause de la guerre et les circonstances dans lesquelles ils se trouvent.
 

mercredi 2 octobre 2013

Distrubution des chapitres pour la lecture: Le grand cahier de Agota Kristof


Nadia: L’arrivée chez Grand-Mère, La maison de Grand-Mère, Grand-Mère, Les travaux, La forêt et la rivière

Sofian : La saleté, Exercice d’endurcissement du corps, L’ordonnance, Exercice d’endurcissement de l’esprit, L’école

Syrina : L’achat du papier, du cahier et des crayons, Nos études, Notre voisine et sa fille, Exercice de mendicité, Bec-de-Lièvre

Mélanie G. : Exercice de cécité et de surdité, Le déserteur, Exercice de jeûne, La tombe de Grand-Père, Exercice de cruauté

Mélanie H. : Les autres enfants, L’hiver, Le facteur, Le cordonnier, Le vol

Ruth : Le chantage, Accusations, La servante de la cure, Le bain, Le curé, La servante et l’ordonnance

Rebekka : L’officier étranger, La langue étrangère, L’ami de l’officier, Notre premier spectacle, Le développement de notre spectacle

Marcelle : Théâtre, Les alertes, Le troupeau humain, Les pommes de Grand-Mère, Le policier

Céline : L’interrogatoire, En prison, Le vieux monsieur, Notre cousine, Les bijoux
 
Sônia : Notre cousine et son amoureux, La bénédiction, La fuite, Le charnier, Notre mère

Rahel: Le départ de notre cousine, L’arrivé des nouveaux étrangers, L’incendie, La fin de la guerre, L’école recommence

Luca: Grand-Mère vend sa vigne, La maladie de Grand-Mère, Le trésor de Grand-Mère, Notre Père, Notre père revient, La séparation

10) Le dernier livre de Camus par Mélanie G. (deuxième révision)



a)      Texte traduit en français

Albert Camus mourut en 1960 d’un accident de voiture. Dans la serviette qu’il avait prise avec lui, on trouva le manuscrit du roman  « Le premier homme » auquel il était en train de travailler. L’œuvre inachevée parut en 1994. « Je parlerai de ceux que j’aimais », avait écrit Albert Camus dans ses notes. L’ébauche contient de forts traits autobiographiques. Ceux-ci auraient sûrement disparu dans une version définitive, si Camus l’avait  publiée lui-même. 

Quand Jaques Cormery, le personnage principal du roman, retourne en Algérie à 40 ans, il constate qu’il est né dans un pays sans racines et sans souvenirs et il se sentait jeté dans ce pays comme le premier habitant ou le premier conquérant. Les recherches de ses ancêtres et de son identité restèrent vaines.

Jaques naquit dans un lieu isolé dans l’est de Algérie. Peu après sa naissance, la Première Guerre mondiale éclata et son père, un colon français, fut incorporé dans l’armée. Il ne devait plus jamais revoir sa famille. Jaques déménagea avec sa mère chez sa grand-mère à Belcourt, le quartier pauvre d’Alger. À Belcourt habitaient et travaillaient des Français, des Arabes, des Espagnols, des Italiens et beaucoup d’autres. Là-bas, avec ces personnes qui manquaient de tout, Jaques passa une enfance heureuse. Bien que sa mère ne sût ni lire ni écrire, Jaques put, comme l’auteur lui-même, grâce à l’aide et à l’encouragement de son professeur de l’école primaire, fréquenter des établissements du second degré.

b)      Explications de difficultés de grammaire

-       Passé simple :

Il s’agit d’un récit en troisième personne et non pas d’un discours, c’est pour cette raison que le passé simple est l’option (plutôt que le passé composé) à choisir au moment de traduire.

-       Prépositions :

Il faut faire attention en traduisant les prépositions. Elles ne sont pas toujours traduisibles littéralement de l’allemand. La préposition qui accompagne un verbe ou une expression est souvent propre à la langue et doit être apprise par cœur avec le verbe. Exemples concrets tirés de cette traduction : mourir de (sterben bei), travailler à quelque chose (an etwas arbeiten), recherches de (Suche nach ; mais rechercher qqch), manquer de (an etwas fehlen).

-       Subjonctif après « bien que » :

Après les conjonctions « bien que » et « malgré que » c’est le subjonctif qui doit suivre. Par contre après « même si » il faut choisir l’indicatif. On traduit donc dans ce cas « bien que sa mère ne sût… » (subjonctif imparfait).

-       Différence entre « savoir » et « pouvoir » :

On sait faire quelque chose parce qu’on l’a appris, mais on peut faire quelque chose parce que la situation le permet. « Je ne sais pas nager » veut dire que je ne l’ai jamais appris, mais « je ne peux pas nager » veut dire, par exemple, que je me suis cassé le bras et que pour cette raison ma situation m’empêche d’aller nager. Lire et écrire sont des aptitudes apprises, c’est pourquoi il faut choisir le verbe « savoir », par contre il faut choisir le verbe « pouvoir » dans la proposition qui suit, parce que c’est la situation qui le lui permet (cela n’a rien à voir avec quelque chose d’appris).


c)      Quelques lignes sur Camus

Albert Camus naquit en 1913 en Algérie. Il fut un écrivain, philosophe, romancier, dramaturge, essayiste et nouvelliste français. Il développa un humanisme qui se fondait sur la prise de conscience de l’absurdité de la condition humaine. La réponse qu’il proposa à cette absurdité était la révolte. Il reçut le Prix Nobel de littérature en 1957 et mourut trois ans plus tard. La peste et L’étranger sont deux œuvres célèbres qu’il écrivit.