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jeudi 1 janvier 2015

Normes pour l'uniformisation des posts sur les interviews (version révisée)


 Libellés: <interview> <voir-écouter> <votre nom>
Times New Roman 12pt interligne de 1.5, texte justifié (= Blocksatz), sans „effets spéciaux“, attention! pour la transcription, n’utilisez pas Times New Roman, mais plutôt Consolas !
-----8<------8<---------8<-------8<---------

Interview avec [nom du personnage] : par Prénom N[om]

Source : www.youtube.com/etc 

Synthèse
[parler brièvement du setting/ dispositif de l’interview : qui est l’intervieweur, qui est l’interviewé_e ? quand cet interview a-t-il eu lieu ? où ? pourquoi ? quel en est la thématique? quel en est l'enjeu? sur quoi porte l’interview ? ; dégager une problématique, des points de débats etc.]
[dire pourquoi vous avez choisi cette interview; attention: écrire en caractères italiques]

[coller la vidéo uploadée]

Typologie
[s’agit-il d’une interview dont le but est d’être (a) narratif (qn raconte son histoire en répondant à des questions), (b) argumentatif (qn doit défendre son point de vue) (c) injonctif (qn demande des conseils à une autre personne) (d) etc.]

Transcription
[présenter la transcription d’environ 4 à 5 minutes de l’interview. Si vous avez choisi une séquence d’une interview plus longue, dites pourquoi vous l’avez choisie]

Analyses
[présenter deux analyses, ou grammaticales ou linguistiques]
Analyse I
[…]

Analyse II
[…]

Explications, recherches, interprétations
[présenter deux explication/ recherches/ interprétations]
Explication/… I
[…]

Explication/… II
[…]

(Et finalement pour ceux qui s'y intéressent: les conventions de transcription. Tiré de: Anne-Sylvie Horlacher, 29 novembre 212)

/ \
intonation montante et descendante
[
début du chevauchement
.  ..  …
pause (non mesurée)
courte (>0.3), moyenne (>0.6), longue (> 1 sec.)
(1.5)
pause (mesurée) en secondes et dixièmes de seconde
xxx
segment inaudible
( )
transcription incertaine
((rire))
commentaires du transcripteur
< >
début et fin du segment auquel s’appliquent les commentaires
&
continuation du même tour
vidéo
accent
=
enchaînement rapide
°  °
diminution de volume
exTRA
augmentation de volume
par-
troncation
:
allongement syllabique
^
liaison remarquable
‘h
aspiration
h’
expiration
tsk
ouverture de bouche



mercredi 31 décembre 2014

Normes pour l'uniformisation des posts sur les films (version révisée)


Libellé(s) : < film> <ouïr-voir> <votre nom>
Times New Roman 12pt interligne de 1.5, texte justifié (= Blocksatz)
Titre du film par Prénom N[om]
---------------8<----------------------------8<----------------------------8<-------------------------
Le film en bref
Nom du réalisateur :
Production:
Année de sortie :
Scénariste(s) :
Adaptation :
Remake (evtl.) :
Récompenses :
Réception publique et critique [décrire en quelques phrases] :

Choix de deux séquences
Première séquence
[contenu : situer la séquence ; pourquoi j’ai choisi cette séquence du film ? Dialectique: dialogue, une dynamique d'échange qui doit permettre d'avancer dans la discussion]

Deuxième séquence
[contenu : situer la séquence ; pourquoi j’ai choisi cette séquence du film ? Quelle est sa dialectique]

+ coller ensemble les séquences

Résumé et importance des séquences
Première séquence
[Résumé en Times New Roman 12, sans « effets spéciaux »]
[Importance de cette séquence, en Times New Roman 12, italique]

Deuxième séquence
[Résumé en Times New Roman 12, sans « effets spéciaux »]
[Importance de cette séquence, en Times New Roman 12, italique]


Explications/ interprétations/ recherches du film dans sa totalité
Explication/… I
[]

Explication/… II
[]

mercredi 11 décembre 2013

Transcription de l'interview de Stéphane et Christiane Hessel version révisée



« Pardonnez-moi » - Transcription d’une interview avec Stéphane Hessel
Synthèse
L’interview a été faite dans le cadre de l’émission « Pardonnez-moi » le 8 janvier 2012 et, donc, environ un mois avant la mort de Stéphane Hessel.
L’intervieweur s’appelle Darius Rochebin, il s’entretient avec Stéphane Hessel et sa femme Christiane.
Où : Sur un plateau de la Radio Télévision Suisse francophone RTS
Pourquoi ? Darius Rochebin reçoit chaque semaine une personnalité suisse ou étrangère, dont surtout des politiciens, chanteurs/chanteuses ou des acteurs/ actrices.
Quel en en est la thématique ? Stéphane Hessel et sa femme Christiane, auteure,  sont interviewés sur leurs vies bouleversantes qui étaient/sont façonnées par leur engagement pour la justice comme les droits de l’homme, la démocratie etc.

J’ai choisi cette interview parce que Stéphane Hessel était un des grands intellectuels français. Sa biographie m’a toujours impressionnée et son engagement politique pour la paix dans le monde est un très bon exemple, car même dans ses dernières années, il n’a pas cessé de « s’indigner » contre l’injustice et de prendre des positions, qui, parfois, reflétaient des vérités désagréables.
I : Interviewer C : Christiane Hessel  S: Stéphane Hessel

Transcription
I :   Christiane Hessel, Stéphane Hessel, bonjour.
S, C. : Bonjour
I :   Stéphane Hessel, on ne vous présente plus, vous êtes la figure de l’indignation en Europe et au-delà. Euh, Christiane Hessel, on vous présente encore [mais vous] n’êtes pas seulement l’épouse de, vous êtes auteur de « Gaza, j’écris ton nom », on va en parler, parler de votre couple, de cet engagement, de cet aventure extraordinaire qui vous arrive depuis la publication d’ « Indignez-vous », combien d’exemplaires, Stéphane Hessel ?
C :   [*rire*oui]
S :   Maintenant on est à trois millions en langue française mais euh on est dans un ou deux millions dans 40 autres langues.
I :   Quarante traductions! C’est gigantesque, [hein ? Euh], qui échappe encore au phénomène « Indignez-vous »
S :   [Oui Euh], La Chine, c’est tout juste,  La Corée du Sud, ça y est, la Pologne, ça y est, l’Australie ça y est, mais euh bien sûr bon il y a encore des pays, Israël, j’aurais bien voulu que ça soit publié en hébreu. 
I :   Les Etats Unis. Même aux Etats-Unis, même à Wall Street quand vous avez vu  débarquer ça aux Etats-Unis, Christiane Hessel, j’imagine que ça vous a surpris vous-mêmes n[on ]? 
C :   [Ah,] nous, euh, nous avons une vie bouleversée, [xxx*rire*]
I :   Le, le temps, je passe avec une vitesse j’imagine inouï, vous êtes demandé partout, hein ? Vous avez un agenda hein, incroyable. [xxx] toujours pas de téléphone portable ?
C.    Non. [Ni d’in]ternet. [xx] Ni d’internet on est résistant.             [*rire*]
I :   [Non, c’est la résistance ça ne vous] ça  ne vous empêche pas d’avoir un emploi de temps inouï, vous êtes demandés dans les quatre coins du monde, y compris ici en Suisse, vous avez rencontrés les Indignés [euh], Stéphane Hessel, c’était comment ?
S :   [voilà]ça a été très  sympathique, ce sont des jeunes, et des jeunes engagés dans une indignation pacifique, heureusement très pacifique et ils disent qu’ils soutiennent l’esprit de Genève, ce qui m’est très proche, j’ai vécu à Genève quatre années importantes comme représentant de la France au (prédestination de Juni), l’esprit de Genève c’est un esprit de liberté et de générosité et c’est ce que ces indignés défendent.
I :   Vous avez nonante-quatre ans, [euh e on on euh] vingt quarte ans, vingt-deux ans, parfois moins, parfois plus aussi. [
S :   [oui]
C :   [Il] y a quelque vieux aussi [*rire*]
I :   & Oui, il y a tous] les âges, absolument, euh, c’est ce brassage de génération, ça doit être assez impressionnant.
C :   C’est intéressant, c’est intéressant. Et moi j’ai eu le privilège d’un baisemain hier soir par euh celui qui est le principal animateur des indignés, alors quand même
I :   L’indignation n’empêche pas la courtoisie [la ga]lanterie
C :   [Abso]lument, absolument, ils ont, ils ont ont été très gentils, je veux dire, ils nous ont très gentiment accueillis [mê]me avec du chocolat.
I :   [Et], et l’amour ? Puisque votre histoire a débuté jeune, vous vous connaissez depuis combien de temps ?
S :   Depuis soixante-cinq [ans.xxx]
I :   [ouais c’est] assez chic de dire qu’on se connait  plus que soixante-cinq ans, c’est [plus] chic de dire que depuis la semaine dernière.
C :   [*rire*]
S :   Bien, voilA, mais je (naivais) pour nous de lieu, nous nous sommes connus, nous sommes rencontrés, nous nous retrouvons et pour MOI ce qui m’a particulièrement plu dans l’attitude de ces indignés, c’est leur côté paisible, pacifique et modéré. J’ai toujours un peu peur que le mot « Indignez-vous » qui est un mot provoquant  suscite de la violence. C’est le contraire de ce que je souhaite.
I :   ça n’est pas de la rage dans votre esprit, n’est-ce [pas] ?
S :   [n]on C’est de la reconnaissance qu’il y a des choses inadmissibles contre lesquelles il faut protester et contre lesqu’ il faut cONtester mais pas contester en jetant des cailloux, mais contester en se défendant contre toute récupération par des gens qui essayent de vous faire croire que ces valeurs qu’on défend ne sont plus les valeurs d’aujourd’hui.
I :   On va évoquer votre parcours extraordinaire. Naissance à Berlin en 1917 euh l’arrestation par la Gestapo en 44, la déportation, la torture, euh, la résistance sous sous différentes formes euh vous saviez, Christiane Hessel, que vous épousiez quelqu’un d’hors-norme, j’imagine
C :   Oui, j’ai toujours su toujours que Stéphane était quelqu’un de hors-norme, je l’ai connu quand même après la guerre après son épopée dans les camps de concentration, donc je savais que c’était quelqu’un d’exceptionnel, mais évidemment je ne m’imaginais pas le tourbillon dans lequel nous nous trouvons aujourd’hui.

[xxx] = mots incompréhensibles

Analyse I
Il est assez intéressant que Stéphane Hessel arrête tellement vite de parler de l’amour entre lui et sa femme. Il semble vouloir aborder exclusivement les sujets de la politique et de « l’indignation ».
Analyse II
Quand l’interviewer dit : « Le, le temps, je passe avec une vitesse j’imagine inouï, vous êtes demandé partout, hein ? Vous avez un agenda hein, incroyable. », il semble avoir voulu dire
« Le, le temps, il passe avec une vitesse j’imagine inouï, vous êtes demandé partout, hein ? Vous avez un agenda hein, incroyable »
Le lien entre les phrases reste quand même un mystère.

Explication et recherche
Explication:
Quand Stéphane Hessel dit : « […] bon il y a encore des pays, Israël, j’aurais bien voulu que ça soit publié en hébreu. », il fait allusion à sa position en faveur de la Palestine. Il défend les droits de l’homme et s’oppose au fait que certains Sionistes maltraitent les Palestiniens. Il fait appel à une indignation collective qui vise à faire cesser des conflits en trouvant des solutions pour une paix durable. Malheureusement, il est assez exceptionnel qu’une personne publique prenne position contre le fonctionnement de l’état d’Israël, parce que souvent on met l’antisémitisme et l’antisionisme dans le même sac. Il faut donc mentionner que la liberté avec laquelle Stéphane Hessel prend position est aussi soutenu par son expérience de guerre et au fait qu’il a lui-même été dans les champs de concentration – ainsi il risque moins d’être accusé comme antisémite.
Recherche :
Deux extraits tirés de son œuvre « Indignez-vous ». Stéphane Hessel sur « la pire des attitudes »…:
«C’est vrai que les raisons de s’indigner peuvent paraître aujourd’hui moins nettes ou le monde trop complexe. […] Mais dans ce monde, il y a des choses insupportables. Pour le voir, il faut bien regarder, bien chercher. Je dis aux jeunes: cherchez un peu, vous allez trouver. La pire des attitudes est l’indifférence, dire "je n’y peux rien, je me débrouille". En vous comportant ainsi, vous perdez l’un des composantes essentielles qui fait l’humain. Une des composantes indispensables: la faculté d’indignation et l’engagement qui en est la conséquence.»
…et sur la non-violence :
 «Je suis convaincu que l'avenir appartient à la non-violence, à la conciliation des cultures différentes. Il faut comprendre que la violence tourne le dos à l’espoir. Il faut lui préférer l’espérance, l’espérance de la non-violence. C’est le chemin que nous devons apprendre à suivre. Aussi bien du côté des oppresseurs que des opprimés, il faut arriver à une négociation pour faire disparaître l’oppression; c’est ce qui permettra de ne plus avoir de violence terroriste. C’est pourquoi il ne faut pas laisser s’accumuler trop de haine.»



mercredi 27 novembre 2013

Le Mépris par Céline H. (version révisée)

Le film en bref
Nom du réalisateur : Jean-Luc Godard
Production: Compagnia Cinematografica (Italie), Les Films Concordia (France), Rome Paris Films (France)
Année de sortie : 1965
Scénariste : Jean-Luc Godard
Adaptation : D’après le roman « Le mépris » d’Alberto Moravia
Récompenses : aucune
Réception publique et critique: « Le mépris » n’a pas reçu de prix, ni eu beaucoup de succès en ce qui concerne les entrées aux cinémas; cependant c’est un film assez apprécié par le public. Voici un extrait d’une critique de Jean-Louis Bory: « Je ne sais dans quelles conditions le tournage a eu lieu ni si Bardot et Godard se sont bien entendus. Le résultat est là : il y a rarement eu entente aussi profonde (consciente ou non — consciente, je suppose, chez Godard) entre une actrice et son metteur en scène. »

Choix de deux séquences
Première séquence
Cette première séquence se trouve plus ou moins au milieu du film; Paul, le scénariste du film qu’on est en train de tourner à Capri, veut parler avec sa femme Camille, parce qu’il sent qu’il y a eu des problèmes dans leur relation dès qu’ils sont à Capri.

J’ai choisi cette séquence parce qu’elle est très centrale pour l’action du film: c’est le moment ou Paul et Camille discutent finalement de leurs problèmes que le spectateur ressent déjà depuis longtemps, mais desquels les protagonistes n’ont jusque-là pas encore vraiment parlés. En outre, cette scène est assez spéciale en ce qui concerne le montage et d’autres détails dans la manière dont Godard a fait ce film et ce sont donc ces choses techniques que j’aimerais comparer à la deuxième scène que j’ai choisie.

Deuxième séquence
Après que Camille et le producteur Jeremy Prokosch, qui ont voulu partir ensemble, sont morts en route pour Rome, Paul ne veut plus finir le film et il part. Cette séquence commence par le départ de Paul, disant au revoir à monsieur Lang, qui finira seul le film duquel Paul aurait dû être le scénariste.

J’ai choisi cette séquence parce qu’elle est faite de manière très différente comparée à la première et parce qu’ici on voit vraiment ce méta niveau du « film dans le film » qui n’est pas visible du tout dans la première séquence.

Résumé et importance des séquences
Première séquence
Paul annonce à Camille : « il faut que je te parle » et le répète encore une fois ; ainsi le spectateur comprend que Paul trouve vraiment important de parler avec Camille sur leur relation, ce qu’ils ont évité jusque-là. Il devient clair que cette relation est très importante pour Paul et qu’il ne ferait ce travail de scénariste à Capri que pour Camille, qui lui annonce au cours de cette séquence qu’elle ne l’aime plus, sans qu’elle puisse l’expliquer. Elle ne trouve pas d’explication à ses sentiments et ne veut plus en parler.

Au niveau du contenu, cette scène est importante, parce qu’on s’y trouve face à un essai de Paul de sauver sa relation avec Camille qui joue un rôle-clé pour l’action entière. À la fin de cette séquence, il est clair que cette relation ne fonctionne plus. Pour comparer cette séquence à la deuxième, je me concentrerais plutôt sur la façon d’exposer cette scène : Pendant deux minutes et demie, il n’y a pas de coupe, les mouvements de la caméra sont assez lents, mais quand même il y a un certain suspense dans cette scène. En outre, la caméra qui ne tourne qu'entre Paul et Camille et le mur qui se trouve immédiatement derrière le couple parlant produisent l’impression qu’on se trouve dans un lieu très limité et clos.


Deuxième séquence
Cette séquence commence par Paul qui rencontre Francesca, l’assistante du producteur Jeremy Prokosch, qui est en train de lire l’annonce de l’accident au cours duquel Camille et Prokosch sont morts. À cause de ces événements, Paul veut partir, bien qu’il n’ait pas fini le film. Il se rend donc une dernière fois sur le lieu de tournage pour dire au revoir à Fritz Lang, qui finira le film lui-même, tandis que Paul veut rentrer à Rome pour finir sa pièce de théâtre. La séquence, qui est la toute dernière du film entier, se termine par le tournage de la scène où Ulysse revoit sa patrie.

Par rapport à la première séquence, la deuxième est d'une facture très différente. Les images sont très impressionnantes, surtout quand on voit Paul monter les escaliers sur le toit de la villa ou à la fin, quand on ne voit qu’Ulysse et la mer bleue. Bien qu’il y ait aussi très peu de coupes, le lieu paraît être beaucoup plus vaste grâce aux images où les protagonistes sont montrés devant un arrière-plan ouverte. C’est la coulisse du film « Le mépris » que le spectateur est en train de regarder et, en même temps, celle du film sur Ulysse, que l’équipe autour de Fritz Lang tourne à Capri, c’est-à-dire qu’ici, à la fin du film, comme au commencement, Godard montre encore une fois très clairement ce méta-niveau du « film dans le film ».

Explications/ interprétations/ recherches du film dans sa totalité
Interprétation du film « Le Mépris » à partir de « L’Odyssée »
L’histoire à partir de laquelle l’équipe dans « Le Mépris » est en train de réaliser un film est celle de l’Odyssée, qu’on pourrait comparer à celle que Godard montre aux spectateurs : Paul pourrait représenter Ulysse errant, qui ne sait pas ce qu’il doit faire pour regagner son épouse Pénélope, représentée par Camille. Le rival de Paul est le producteur Jeremy Prokosch, qui ressemble donc à Neptune, l’adversaire d’Ulysse.

Explication  du « film dans le film »

Godard va même plus loin en ce qui concerne ce méta-niveau du film: Il adapte l’histoire d’Ulysse aux protagonistes du «Mépris », il fait participer les spectateurs au procès de la production d’un film et il introduit avec Fritz Lang un personnage réel du monde des films. Fritz Lang était vraiment un réalisateur autrichien, comme le personnage qu’il joue dans «Le mépris » ; Godard n’a donc même pas changé le nom du personnage pour jouer avec ce niveau du « film dans le film ». Il est très intéressant de savoir que Lang a mis en scène lui-même les séquences où il apparaît dans le film.

vendredi 22 novembre 2013

Interview avec Habib Bourguiba: par Sofian B. (version révisée)


Source : http://www.youtube.com/watch?v=ZJ_3MUvtEkU (archives de l’INA : Institut National de l’Audiovisuel)

Synthèse :
Habib Bourguiba, meneur de la lutte pour l’indépendance de la Tunisie, est interviewé lors de son premier voyage officiel en France après l’indépendance tunisienne par un journaliste français. L’intervieweur (dont le nom semble introuvable sur internet) lui pose trois questions principales : premièrement, il veut connaître les principes qui ont guidé Bourguiba à travers sa lutte pour l’indépendance tunisienne; par la suite, il s’intéresse à la manière de laquelle Habib Bourguiba avait agi. Enchaînant sur cela, l’intervieweur demande à son interlocuteur la valeur qu’a son voyage pour lui, comme il s’agit de son premier voyage officiel. Pour conclure, il lui pose une question sur les problèmes auxquels la Tunisie doit faire face au moment où a lieu l'interview.
Bourguiba insiste sur le fait que la France a toujours été là pour aider la Tunisie. Cela nous frappe, puisque nous savons que la Tunisie avait été colonisée par ce pays. Il est alors assez stratégique de la part de Bourguiba de dire qu'il n'accuse pas la France, mais, au contraire, de propager l'idée flatteuse pour la France. En oubliant une évidence historique, il compte retourner à l'avantage de son pays la relation de soumission politique face à la France dans laquelle s'était trouvée la Tunisie.

J’ai choisi cette interview, parce que le président Bourguiba était un grand rhétoricien. L’analyse d’un de ses discours ou d’une interview avec lui est donc fortement intéressante. Au moment où fut conduit l’interview ci-analysée, la Tunisie se trouvait encore à son début et Bourguiba se vit alors dans la position de devoir constituer un réseau politique et économique en faveur de la Tunisie. Or, cela est très important pour sa manière de parler, pour le contenu de ses paroles : il doit propager, en répondant aux questions de son interlocuteur, ses points de vu politiques.
Je ne fonde mon analyse non seulement sur sa façon de parler, sur son intonation, ses pauses, mais aussi sur sa gestuelle, Bourguiba étant un personnage qui devait motiver de vastes foules en parlant, d’où le fait qu’il souligne ses paroles par des gestes assez forts et clairs.


Typologie
Quant à la typologie, l’interview participe deux typologies différentes. Il s’agit certainement d’une interview narrative qui sert à transmettre une vision de l'histoire que Bourguiba veut faire partager à un plus grand public. De plus, Habib Bourguiba se sert de cette occasion où il a la parole et peut s'adresser à un nombreux public pour formuler et défendre sa politique dite "bilatérale", qui se fonde sur une forte amitié entre la Tunisie et la France. De ce point de vu, il s’agirait d’une interview argumentative.

Transcription






Analyses

Analyse I
En regardant l’interview en question, nous réalisons assez facilement que le discours de Habib Bourguiba semble être construit sur place, tandis que les questions que lui pose l’intervieweur montrent en grande partie les qualités d’un discours Formal Spoken (cf. Akinnaso : 1985) ; il s’agit d’un discours oral, mais qui fait preuve de qualités qui désignent l’écrit, c’est donc une sorte d’écrit oralisé. Nous remarquons cela en regardant surtout les pauses et les recherches de vocabulaires que fait (ou justement, ne fait pas) l’intervieweur. Ainsi, dans les lignes 1-5, la plus longue pause qu’il fait est d’une duré d’à peu près 0.6 secondes ; ces pauses qu’il fait lui servent, dans deux cas (marqué par ‘h) d’aspirer de l’air (l. 2 et 4). Dans la ligne 3 il fait deux pauses, précédées d’intonations qui semblent forcées. Une explication possible pour cela est une nervosité potentielle du côté de l’intervieweur qui le pousse à prendre l’air à des moments non naturels, ce qui, en revanche, le pousse à faire des intonations maladroites. Qui plus est, entre « durant le long combat etc. »  et « monsieur le président » (qui est la formule d’appel au début de l’interview ; l. 1), il fait un enchaînement rapide qui ne semble pas être bien placé non plus : le propos « monsieur le président » a ici la fonction de formule d’appel après laquelle devrait s’enchaîner une courte pause et qui devrait se terminer par une intonation descendante (\). Or, l’intervieweur enchaîne directement, ce qui pourrait, à nouveau, désigner sa nervosité. Il s’ajoute à cela que nous ne trouvons pas de recherches lexicales dans les premières cinq lignes. Les mauvaises intonations ainsi que cet enchaînement trop rapide sont des indices qui nous mènent vers la confirmation de notre thèse qu’il a préparé cette question (et qu’il l’a sous ses yeux en forme écrite).
Cependant, si nous regardons les réponses du président Bourguiba, nous réalisons qu’il fait déjà beaucoup plus de pauses et qu’il utilise, afin de combler certaines pauses potentielles, la locution « n’est-ce pas ». Dans les lignes 6 et 7 nous voyons comment il forge sa phrase : sujet – pause – verbe – pause – objet. Typiquement, après avoir dit de ce dont il s’agit, il a une petite pause pour trouver le bon verbe qui exprime bien ce qu’il veut dire. En suite, une pause plus longue lui sert à formuler les propos pour dire dans quoi se trouvait la force de son parti. Ce qui nous frappe fortement, c’est une très longue pause qu’il fait à la ligne 12. Il est très probable que pendant cette pause il cherche à souligner son point sur la propagande (recherche lexicale dans le but d’accentuer du déjà-dit). Une autre séquence de l’interview montre même mieux à quel point que Bourguiba construit son discours sur-scène : entre les lignes 49 et 57 il y a un vaste nombre de pauses et d’intonations montantes. L’accumulation des pauses est signe du fait qu’il prend son temps à formuler ce qu’il veut dire afin de répondre aux questions ; et les intonations montantes (qui sont – ordinairement – des marques de fin d’énoncé) nous montrent qu’il termine son tour de parole plusieurs fois, puis le reprend en ajoutant des idées.

Analyse II
D’un point de vue sociolinguistique il est très intéressant de voir la relation entre les gestes et les paroles de Bourguiba. Il a la tendance de souligner ses paroles par des gestes, qu’il fait surtout de la main gauche, dans cette interview en question. Cela se voit spécifiquement à la ligne 12, où il montre sa bouche par la main ; aux lignes 23, 28, 32 etc. La gestuelle qu’il fait à la ligne 32 est intéressante, car il l’utilise pour marquer sa persévérance ; il s’agit d’un signal que l’on fait souvent pour marquer un point, pour dire que c’est ainsi et qu’il n’y a pas d’autre solution. Cela rend donc ses paroles encore plus fortes : ce n’est pas seulement qu’il continuait toujours à combattre, mais il nous communique que c’était, pour lui, la seule option, de revenir, que c’était naturel. De surcroît, à la ligne 54, il renforce le mot « lever » par le geste de lever sa main (plante en haut) vers le haut. Nous pouvons nous demander sur l’origine ou plutôt la cause pour ce fort emploi de ses mains. Il semble être une hypothèse assez plausible de dire que lors des discours qu’a menés Bourguiba pendant la libération de la Tunisie, pour motiver la population tunisienne à le soutenir, il fallait être très expressif et compréhensible pour tout le monde. Comme la télévision n’existait pas encore, il y avait des situations où un nombre assez grand de gens l’entendaient parler – il fallait alors soutenir ce qu’on disait par des signes des mains afin que même ceux qui n’entendaient pas tout, pouvaient percevoir ce qu’il disait.

Explications/ recherches/ interprétations

Recherche I
Bourguiba semble abuser de la locution « n’est-ce pas » qu’il répète dans presque chaque phrase. Or, ce « n’est-ce pas » bourguibien, n’a pas la fonction ordinaire de cette locution – qui serait de poser une question qui demande une validation de ce que l’on vient de dire, comme il est le cas dans la phrase « Il vient de partir, n’est-ce pas ? ». Dans cet exemple, la locution « n’est-ce pas » est formulée en tant que question afin de demander à l’interlocuteur la confirmation de l’énonciation « il vient de partir ». On veut donc savoir si l’on avait raison dans la supposition que « il » venait de partir. Au contraire, dans le cas du « n’est-ce pas » bourguibien il s’agit d’une locution que Bourguiba traduit de l’arabe au français (fi ettahassal maânaha, littéralement « c’est-à-dire »). Nous pouvons dire cela si nous regardons ses discours menés en langue arabe où il répète fi ettahassal maânaha aux mêmes endroits de la syntaxe que le « n’est-ce pas ». En outre, dans ces mêmes discours, le « c’est-à-dire » occupe la même fonction que le « n’est-ce pas » qui sert, premièrement, à accentuer ce qui vient d’être dit, et, deuxièmement, à combler une recherche lexicale.

Recherche II
L’interview ne montre que peu de chevauchements. Cela est probablement dû au fait que les stratégies discursives utilisées par Bourguiba, ainsi que par l’intervieweur, étaient les mêmes. Cela est important surtout au niveau des présupposés, des attentes par rapport à la structure de l’activité. Comme les interlocuteurs perçoivent la situation de la même manière (quelqu’un pose les questions et l’autre y répond), il n’y a que peu de moments où ils se chevauchent.

mardi 19 novembre 2013

La Grande Vadrouille par Sofian B. (version révisée)


Le film en bref
Nom du réalisateur : Gérard Oury

Année de sortie : 1966

Scénariste(s) : Gérard Oury, Danièle Thompson, Marcel Jullian
Récompenses : Prix du meilleur film étranger au festival de Taormina (1966), Plaque d’or aux David di Donatello (1967), Meilleur film étranger au Golden Screen (1977)

Réception publique et critique : La Grande Vadrouille fut – dès l'annonce de sa sortie – grandement attendu. Une nouvelle fois, Gérard Oury mettait en scène Louis de Funès et Bourvil, un duo qui avait génialement réussi dans le film Le Corniaud. Les attentes étaient alors très hautes. Le film sortit en salles le 1er décembre 1966 et les premières semaines d’exploitation furent un succès absolu. Même la critique se trouva être unanime, à l’étranger également. Le tandem comique attira, avec son film, plus de 17 millions de spectateurs ; à l’époque, cela fut un record, du jamais vu. Le record tint jusqu’à la sortie en salles de Titanic, une trentaine d’années plus tard.

Choix de deux séquences
Première séquence
C’est la scène qui montre comment Augustin Bouvet est entraîné malgré lui dans une affaire qui va le mettre en danger – il sera chassé par les Nazis. J’ai choisi cette scène, parce qu’elle se trouve tout au début de l’intrigue du film et parce qu’elle entre dans un rapport dialectique fort avec la déclaration d'amour de la deuxième scène que j'ai choisie.

Deuxième séquence
La deuxième scène choisie montre l'intimité en temps de guerre : ce moment de la vie privée d’Augustin Bouvet où il avoue son amour à son aimée. Malgré les ennuis qu’il a en fuyant les Nazis, il est capable de voir le côté fascinant de la vie et de vivre de beaux moments. J’ai choisi cette séquence, parce qu’elle montre fort bien que derrière la façade de l’homme, d'une victime de la guerre, se passe une vie privée, qui montre un être humain tout à fait normal.


Résumé et importance des séquences
Première séquence
Nous voyons un défilé de Nazis prêts à accueillir un supérieur. Juste au-dessus, l’aviateur anglais Peter Cunningham a atterri sur la cage d’ascenseur d’Augustin Bouvet (à savoir André Bourvil) qui était en train de peindre la façade d’un bâtiment. Ce premier commence à remonter la cage d’un seul côté, ce qui a comme conséquence qu’un seau de peinture chute et tombe exactement devant les pieds du dit supérieur Nazi. Celui-ci interprète cet acte comme du sabotage et ordonne de capturer Bouvet et Cunningham qui prennent alors la fuite. Or, avant de s’enfuir, Bouvet répond à Peter qui le somme de sauver sa peau : « Oh non, pas de question, hein ! » Le coup de théâtre de cette scène a lieu quand Peter est blessé par une balle de fusil et demande de l’aide : c’est à ce moment-là que Bouvet décide de l’aider et de lui sauver la vie. Le jeu du chat et de la souris commence.
Nous changeons alors de lieu et nous retrouvons ces deux fugitifs sur les toits, essayant de trouver un chemin de fuite.

Cette scène est très importante parce que c’est là que l’on voit comment la vie d’un simple Français qui n’est ni « collabo[rateur] horrible, ni beau résistant chevaleresque », mais un homme qui essaie de gagner sa vie sous le régime nazi, peut basculer très rapidement dans le tragique : on veut l'arrêter à cause d’un aviateur anglais. Néanmoins, une sorte de solidarité commence à se manifester entre Augustin et Peter ; c’est cette solidarité, résultant de la scène en gestion, qui produira la suite de l’action et entame le tricotage du fil conducteur de notre fil.
Or, il faut regarder le ‘coup de théâtre’ de plus près. D’abord, Bourvil semble vouloir se livrer aux Nazis, avec l’idée qu’il n’a rien à craindre. Cependant, il constate qu’on ne lui fera pas grâce, ce qui le mène à s’enfuir. Cela nous rappelle, en quelques courts moments, la cruauté des Nazis envers toute personne qui semblait leur nuire. C’est donc une scène qui – à de faire rire – comporte des vérités sur le régime Nazi en France.
De surcroît, cette séquence résume, en quelque sorte, toute l’action du film. Elle marque le début d’une chasse que j’ai décrite comme je du chat et de la souris, une sorte de Tom et Jerry (comme le dit Gérard Oury dans une interview) qu'on retrouvera plus loin. Si l’on regarde la comédie plusieurs fois, on voit que cette scène anticipe la totalité du film : la petite souris, représentée par de simples hommes, donc Cunningham et Bouvet, échappe toujours au grand chat, représenté par le pouvoir nazi.

Deuxième séquence
Le premier plan de séquence montre Augustin Bouvet (Bourvil) et Stanislas Lefort (de Funès) couchés dans le même lit. Il faut savoir que Lefort s'élève énérgiquement contre cette situation, parce qu’il a toujours l’impression d’être supérieur à Bouvet et qu’il fallait respecter son souhait de ne pas partager son lit avec un simple peintre. Mais comme c’est la guerre, il doit accepter cet état de fait qui l'humilie. Bouvet commence à parler de mariage et est convaincu qu’après la guerre, il épousera Juliette (fille de la patronne). Comme il a fait sa connaissance en fuyant les Nazis, il dit même que « la guerre a du bon ».
Après un instant, Lefort se lève pour aller manger ; il ne voit aucun danger à se promener dans l’hôtel plein de Nazis, car la patronne l’a fait passer pour son mari afin de le sauver. Bouvet, amoureux de Juliette qui l’a fait, de même, passer pour son mari (deux fois déjà), décide d’aller lui rendre une petite visite pour lui avouer son amour. Il y va en faisant semblant d’être somnambule. Après être rentré dans la chambre de Juliette, il raconte comment il a, pendant la guerre, « rencontré une blonde » qui l’a fait passer pour son mari afin de lui sauver sa vie. Pour authentifier son état, il lui raconte que la guerre est déjà finie et qu’il faut fêter cela tout en l’embrassant. Or, Juliette s’en rend compte et le renvoie au lit.

Cette scène est importante et particulièrement intéressante, car elle montre bien que la vie privée d’un fugitif n’est pas forcément privée de bonheur et surtout d’espoir. Ce bonheur et cet espoir sont incarnés, à ce moment, par Bouvet. Il s’agit, comme nous verrons, de deux espoirs : Bouvet souhaite premièrement avoir accès au cœur de Juliette et, par conséquent, l’épouser; deuxièmement, en dépit du fait que cela soit un peu caché, il a le vœu que la guerre soit terminée (malgré le comique et l’ambiance romantique de la scène, il ne faut pas oublier sa situation : il est recherché par les Nazis). Il semble que cette scène est représentative à un grand nombre de destins – semblables à celui de Bouvet – de soldats ou d’autres fugitifs qui font la connaissance de femmes, qu’ils doivent par la suite laisser tomber, vu que leur situation ne leur permet pas de rester dans la France de Vichy.
La scène montre que, disons-le dans les paroles de Bouvet, « la guerre a du bon », faisant allusion au fait qu’elle peut réunir assez de hasard les cœurs de personnes qui s'aident les unes les autres, tandis que la première scène montre le contraire : l’absurdité de la guerre et la cruauté des Nazis.

Explications/ interprétations/ recherches du film dans sa totalité
Explication du film I
La Grande Vadrouille montre très bien que deux personnes, que tout oppose, dont une se prend pour un personnage meilleur que l’autre, qui ne s’aiment pas vraiment, sont, à partir du moment où ils sont accusés de collaborateurs avec les Anglais et, par conséquence, pourchassés par les Nazis, mises à niveau égal et dépendent soudainement l’une de l’autre. La guerre fait d’elles des Français qui partagent un même destin : ils sont des fugitifs malgré eux, et presque forcés d’être des résistants, bien qu’ils n’eussent ni la volonté ni les moyens d’en être. Il se manifeste à plusieurs reprises que dans leur nature, Bouvet et Lefort ne s’aiment pas vraiment et que Lefort se donne toujours plus de valeur qu’à son compagnon. Mais cette répulsion de l’autre est plusieurs fois mise à l’épreuve quand, soudainement, la solidarité entre eux (due à leur situation partagée) dépasse l'aversion entre eux : alors ils se sauvent la vie.
Ce film montre un impact très fort de la guerre au niveau microsocial : la société est totalement bouleversée et la place d’une personne plongée au coeur de la guerre ne dépend plus du niveau intellectuel ou du nombre des diplômes, mais du fait que l’on collabore avec les Nazis ou que l'on compte parmi les résistants.

Recherche sur le film II
(source : Documentation « Il était une fois… Louis de Funès », publiée en janvier 2013 sur la chaine TMC)
Le film connut un tel succès probablement, par ce qu'il mêle des ingrédients qu'il exploite à son complet avantage. Tout d’abord, il faut savoir que le duo de comédiens, composé de Louis de Funès et de Bourvil avait déjà réalisé ensemble Le Corniaud, un film dont l'intrigue se réalise en Italie et en France et qui avait connu, à l’époque, un succès phénoménal et, qui plus est, avait pu compter sur un budget qui dépassait grandement les sommes habituelles. Il fut manifesté que les deux personnalités qui se cachaient derrière de Funès et Bourvil jouaient parfaitement ensemble pour produire d’excellentes comédies. Malgré qu’il s’agît de deux caractères très forts et exigeants, ni l’un ni l’autre recula devant l’autre, leur forte amitié leur permit de jouer de très fortes scènes qui menèrent à un film couronné de succès. Quand on annonça l'intention de réunir de Funès et Bourvil dans un autre film du réalisateur Gérard Oury, qui savait qu’il « tenait de l’or entre [ses] mains », le public avait attendu un film au niveau ou supérieur même au Corniaud. Par conséquent, les salles étaient pleines pendant les premières semaines d’exploitation.
À ce moment se mit en marche le deuxième « moteur » de La Grande Vadrouille : son sujet. Le film raconte l’histoire, selon Oury réaliste, une histoire donc qui aurait pu se passer vraiment, de deux Français qui étaient tirés malgré eux dans une affaire qui est trop grande pour eux ; soudainement, ils se trouvent en position de petits résistants, fuyant devant les Nazis, accusés de collaboration avec des aviateurs anglais. Pendant leur fuite, ils sont capturés plusieurs fois, mais par des actions de l'aviation anglaise, ils se libèrent à chaque fois. Il s’agit donc d’un film véridique en un sens, mais en un autre sens d’un dessin animé, dû au fait que nous nous rappelons Tom et Jerry quand nous voyons les petites souris s’échapper de scène en scène. La légèreté avec laquelle la Deuxième Fuerre mondiale est traitée (compte rendu qu’à l’époque de la sortie du film on ne se trouvait pas si loin de la fin de la guerre) semble être une composante très importante de son succès ; hormis quelques moments de suspense, le spectateur est amusé, sans interruption pendant plus de deux heures.