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mercredi 31 décembre 2014

Normes pour l'uniformisation des posts sur les films (version révisée)


Libellé(s) : < film> <ouïr-voir> <votre nom>
Times New Roman 12pt interligne de 1.5, texte justifié (= Blocksatz)
Titre du film par Prénom N[om]
---------------8<----------------------------8<----------------------------8<-------------------------
Le film en bref
Nom du réalisateur :
Production:
Année de sortie :
Scénariste(s) :
Adaptation :
Remake (evtl.) :
Récompenses :
Réception publique et critique [décrire en quelques phrases] :

Choix de deux séquences
Première séquence
[contenu : situer la séquence ; pourquoi j’ai choisi cette séquence du film ? Dialectique: dialogue, une dynamique d'échange qui doit permettre d'avancer dans la discussion]

Deuxième séquence
[contenu : situer la séquence ; pourquoi j’ai choisi cette séquence du film ? Quelle est sa dialectique]

+ coller ensemble les séquences

Résumé et importance des séquences
Première séquence
[Résumé en Times New Roman 12, sans « effets spéciaux »]
[Importance de cette séquence, en Times New Roman 12, italique]

Deuxième séquence
[Résumé en Times New Roman 12, sans « effets spéciaux »]
[Importance de cette séquence, en Times New Roman 12, italique]


Explications/ interprétations/ recherches du film dans sa totalité
Explication/… I
[]

Explication/… II
[]

mercredi 20 novembre 2013

La Haine par Hugo Baudelaire version révisée


"La Haine"

Nom du réalisateur : Mathieu Kassovitz (qui est aussi un acteur et il a joué Nino dans « Le fabuleux destin d’Amélie Poulain » (2001)
Scénariste : Mathieu Kassovitz (photo)
Production : Christophe Rossignon pour Lazannev Productions, la Sept Cinéma, StudioCanal et Kasso inc. Productions
Année de sortie : 1995
Précisions : C’est un film en noir et blanc. Il est interdit aux moins de 12 ans. Le film avait un budget de 2.59 millions d’euros. 
Durée : 95 minutes.

Acteurs principaux : (de gauche à droite) : Vincent Cassel, Said Taghmaoui, Hubert Koundé 



Récompenses :
Festival de Cannes 1995 : prix de la mise en scène
César du meilleur film
César du meilleur producteur : Christophe Rossignon
César du meilleur montage : Mathieu Kassovitz, Scott Stevenson

Réception publique et critique[1]

Critique 1 : WarzazateVLC écrit : «Encore un film qui […] est toujours valable aujourd’hui. […] Les acteurs principaux sont excellents, en particulier Vincent Cassel, c’est drôle de le voir en banlieusard […] La mise en scène, primée à Cannes, est magnifique, osée et originale […] Le noir et blanc permet d’enjoliver la cité. Bref, un grand film du cinéma français.»
Critique 2 : heathledgerdu67 écrit: «Le chef d’œuvre en noir et blanc de Matthieu Kassovitz sur la banlieue avec Vincent Cassel, des clins d’œil à Taxi Driver, Scarface, aux Inconnus […] »
Critique 3 : Kalie écrit : « Filmer la banlieue, c’est facile. Il suffit de regarder les actualités. Mais réaliser un film de qualité sur la banlieue, là, c’est une autre histoire ! […]La photographie en noir et blanc convient parfaitement au contexte. […] Les virées hors de leur cité montrent le fossé qui les sépare de la jeunesse des beaux quartiers. Le dénouement est malheureusement inéluctable. C’est un film qui allie réalisme et qualité cinématographique. […] »
Critique 4 : g-nad écrit : «[C]e film ne laisse pas indifférent, avec un sujet intéressant […] et un « message » sur la spirale de la violence qui est plutôt pertinant [sic !]. Voilà pour les éloges. Maintenant, deux choses m’ont particulièrement énervée dans ce film : d’abord, le personnage joué par Cassel, tête à claques au possible […] La deuxième chose que je n’ai pas supporté, c’est le maniérisme de Kassovitz. Sa façon de filmer m’a donné l’impression de dire toutes les deux minutes « Regardez comme je fais une belle image! » […] c’est tout de même un film réussi. […]»

Choix de deux séquences

Première séquence
Cette scène se trouve dans le premier tiers du film. On est déjà introduit à la vie de banlieue et on connait l’histoire des émeutes. Vinz, le juif, se trouve dans la salle de bain dans son petit appartement où habite toute sa famille. J’ai choisi cette scène parce qu’elle amorce non seulement le fil rouge du film, c’est-à-dire la violence, mais aussi la problématique de Vinz lui-même, soit la volonté de se venger. Cette scène annonce aussi la fin tragique de Vinz, sa mort.

Deuxième séquence
Cette séquence se situe à peu près au le milieu du film, au moment de l’arrivée des copains à Paris. J’ai choisi cette scène, car elle reste une énigme bien qu’elle ouvre sur des différentes possibilités d’interprétation. En outre, cette scène marque une des moments comiques et inattendus, voire absurdes du film. Pourquoi ce monsieur entre-t-il en scène ? Quel est la fonction de son histoire?




Résumé et importance des séquences.

Première séquence

Cette scène mêle la thématique sérieuse de la violence avec le comique du quotidien. Vinz se trouve devant le miroir et agit comme si un policier où un banlieusard d’une groupe ennemi s’adresse à lui. Il s’exerce à faire des gestes et les mimiques censés lui permettre de se faire respecter par les autres. Il essaie de ridiculiser l’autre partie en se comportant comme une personne supérieure. Dans ce moment, on reconnaît la haine, qui s'enflamme dans le personnage de Vinz caressant l’idée de tuer un policier pour se venger dans le cas où son ami Abdul, qui se trouve dans le coma en raison des émeutes qui ont eu lieu dans la banlieue récemment qu'ils habitent, mourait.
Or ma thèse est que cette séquence annonce la mort de Vinz ce même jour et mérite donc d’être considérée comme scène-clé. Pendant toutes les vingt-quatre heures qui dure l’histoire, Vinz ressent des sentiments de vengeance et manifeste une propension à l’usage de la violence (cf. surtout la scène avec le skin). A plusieurs reprises du film Vinz est mis à l’épreuve. Finalement, il renonce à l’usage de la violence, bien que son ami soit mort. Mais la haine qu'il produit pendant toute la journée fait qu’il est tué à un moment heureux. Car en ressentant de la haine, il l'attire. Cette scène de miroir illustre le fait qu’il devient, au fur et à mesure, sa propre victime. Il y a donc un message fortement morale, voire métaphysique dans cette séquence.

Deuxième séquence

Les trois copains sont arrivés à Paris, après l’incident où Vinz dégaine son pistolet dans une confrontation avec un policier. Heureusement, Hubert a pu régler l'affaire sans violence et les banlieusards s’enfuient.  Dans une salle de bain à Paris, Vinz et Hubert se disputent sur la question de l’usage de la violence. Hubert avertit Vinz que « la haine attire la haine », il déconseille à Vinz donc d’user de la violence. Néanmoins, Vinz n’est pas persuadé. Pendant cette discussion à haute voix, un petit homme juif entre sur scène. Alors qu'il était assis sur les toilettes pendant la discussion, il est témoin du débat. A l'aise après avoir satisfait son besoin, le juif leur raconte l’histoire de son copain, Grunwaldski. C’était un copain juif qui se trouvait dans le même wagon à béstiaux lors de la Deuxième Guerre mondiale. Pendant le voyage en train, les prisonniers n’avaient la possibilité de faire leur toilette que pendant un court arrêt. Grunwaldski ayant honte de faire ses besoins devant les autres, a préféré de s’éloigner un peu – une décision ayant des conséquences fatales : Il manque le train et meurt de froid.
Ce qui me semble fortement intéressant est que le petit monsieur juif introduit l’histoire en disant : « Vous croyez en Dieu ? Il ne faut pas demander si on croit en Dieu, mais si Dieu croit en nous. » Cette question me penche sur l’hypothèse que l’homme raconte cette histoire afin de les faire comprendre qu’il ne faut jamais user de la violence. Ce sera donc, en quelque sorte, une leçon de morale. Ce qui renforce cette hypothèse est la mise en scène: Le petit monsieur se trouve pendant son monologue entre les deux rivaux du moment, Vinz et Hubert. Il sera la troisième partie, qui entre en scène dans un moment de désaccord et de désespoir de la part de Hubert. La sortie du monsieur, dont le nom est inconnu, est marqué par un « au revoir» adressé aux deux copains. Ceci semble vouloir dire « retenez bien ce que je vous ai raconté.» En outre, il faut remarquer que Vinz et le monsieur sont juifs tous les deux et que cette leçon morale ne peut que toucher le premier. 

Explications/ interprétations et critique personnelle du film dans sa totalité

Explication 1 : «La Haine» montre la réalité morne de trois jeunes hommes : ce sont un Juif, un Arabe et un Noir, qui habitent dans une banlieue de Paris. La banlieue est occupée par des habitants de toutes ethnies qui sont séparées du reste de la société parisienne. Pendant vingt-quatre heures, on assiste aux vies de trois amis qui s’appellent Hubert, le noir, Saïd, l’arabe, et Vinz, le juif. Dès le début, on apprend qu’il y a eu une émeute la nuit précédente. Durant ces combats de rue, un de leur amis, Abdel, est tombé dans le coma et pendant l'émeute, un des policiers a perdu son revolver que Vinz empoche juste après. Il annonce qu’il tuera un policier si leur copain meurt. Dès le commencement du film, on reconnaît l’importance de la violence : celle-ci est une partie intégrante de la vie dans la banlieue et le sujet omniscient de ce film. Mais quand les trois hommes vont à Paris, ils ne retrouvent ni de violence, ni de pauvreté. Abstraction faite de trois scènes (Vinz la scène devant le club, où il assiste à un meurtre, la scène avec le skin et la mort finale de Vinz), la violence ne les choque pas, ils ont l’habitude de la voir.

Explication 2 : La banlieue est pour les habitants de Paris (ou voire du reste de la France), un objet de consommation, la vie dans les banlieues est un spectacle exhibitionniste pour la société. Kassovitz illustre cette idée aussi dans une scène avec une journaliste et un caméraman qui essayent de parler avec les trois amis : La journaliste et le caméraman ne sortent pas de la voiture. Ainsi, on a l’impression que les gens de la ville considèrent la banlieue comme un zoo. 
Interprétation : En se concentrant sur la banlieue, le film met en scène un espace, qui est normalement ignoré dans l’image propre de la « Grande Nation ».  Avec celle-ci on associe plutôt des images de beaux monuments, de l’art et de l’amour. Au contraire : Les bâtiments de la banlieue sont très hauts, la vie dans ces appartements est claustrophobique et les gens, de toutes ethnics, vivent comme dans une prison. Vinz partage une chambre avec sa sœur, et la salle à manger est trop petite pour sa famille. On reconnaît des parallèles avec Hubert, dont la cuisine est toute petite. Ce cadre suggère l’extrême pauvreté des habitants. Ce niveau de pauvreté existe à Paris certainement aussi, mais le films nous présente que des rues propres et un appartement luxueux. La tristesse de la banlieue est accentuée par le montage: le film est en noir et blanc, cela crée non seulement l’effet d’un documentaire, mais aussi de la tristesse. En outre, le style souligne le racisme avec l’image tranchante entre noir et blanc.

Critique personnelle : Il faut faire attention à ne pas considérer le film comme image réel de la vie dans les banlieues de Paris. Pourquoi ?
Un des grands problème est qu’au lieu de présenter une analyse sociale qui nous propose des solutions, Kassovitz ne suscite que l’empathie du public. En outre, je crois que les problèmes sociaux et politiques entourant l’immigration en France, sont plus complexes. La Haine ne montre que les jeunes, livrés aux policiers malfaisants. Malheureusement, Kassovitz pénètre à peine la surface du problème réel. Cependant il faut dire que les banlieues n’avaient pas leur pace dans dans l'identité française ou le cinéma français avant cette production.


mardi 19 novembre 2013

La Grande Vadrouille par Sofian B. (version révisée)


Le film en bref
Nom du réalisateur : Gérard Oury

Année de sortie : 1966

Scénariste(s) : Gérard Oury, Danièle Thompson, Marcel Jullian
Récompenses : Prix du meilleur film étranger au festival de Taormina (1966), Plaque d’or aux David di Donatello (1967), Meilleur film étranger au Golden Screen (1977)

Réception publique et critique : La Grande Vadrouille fut – dès l'annonce de sa sortie – grandement attendu. Une nouvelle fois, Gérard Oury mettait en scène Louis de Funès et Bourvil, un duo qui avait génialement réussi dans le film Le Corniaud. Les attentes étaient alors très hautes. Le film sortit en salles le 1er décembre 1966 et les premières semaines d’exploitation furent un succès absolu. Même la critique se trouva être unanime, à l’étranger également. Le tandem comique attira, avec son film, plus de 17 millions de spectateurs ; à l’époque, cela fut un record, du jamais vu. Le record tint jusqu’à la sortie en salles de Titanic, une trentaine d’années plus tard.

Choix de deux séquences
Première séquence
C’est la scène qui montre comment Augustin Bouvet est entraîné malgré lui dans une affaire qui va le mettre en danger – il sera chassé par les Nazis. J’ai choisi cette scène, parce qu’elle se trouve tout au début de l’intrigue du film et parce qu’elle entre dans un rapport dialectique fort avec la déclaration d'amour de la deuxième scène que j'ai choisie.

Deuxième séquence
La deuxième scène choisie montre l'intimité en temps de guerre : ce moment de la vie privée d’Augustin Bouvet où il avoue son amour à son aimée. Malgré les ennuis qu’il a en fuyant les Nazis, il est capable de voir le côté fascinant de la vie et de vivre de beaux moments. J’ai choisi cette séquence, parce qu’elle montre fort bien que derrière la façade de l’homme, d'une victime de la guerre, se passe une vie privée, qui montre un être humain tout à fait normal.


Résumé et importance des séquences
Première séquence
Nous voyons un défilé de Nazis prêts à accueillir un supérieur. Juste au-dessus, l’aviateur anglais Peter Cunningham a atterri sur la cage d’ascenseur d’Augustin Bouvet (à savoir André Bourvil) qui était en train de peindre la façade d’un bâtiment. Ce premier commence à remonter la cage d’un seul côté, ce qui a comme conséquence qu’un seau de peinture chute et tombe exactement devant les pieds du dit supérieur Nazi. Celui-ci interprète cet acte comme du sabotage et ordonne de capturer Bouvet et Cunningham qui prennent alors la fuite. Or, avant de s’enfuir, Bouvet répond à Peter qui le somme de sauver sa peau : « Oh non, pas de question, hein ! » Le coup de théâtre de cette scène a lieu quand Peter est blessé par une balle de fusil et demande de l’aide : c’est à ce moment-là que Bouvet décide de l’aider et de lui sauver la vie. Le jeu du chat et de la souris commence.
Nous changeons alors de lieu et nous retrouvons ces deux fugitifs sur les toits, essayant de trouver un chemin de fuite.

Cette scène est très importante parce que c’est là que l’on voit comment la vie d’un simple Français qui n’est ni « collabo[rateur] horrible, ni beau résistant chevaleresque », mais un homme qui essaie de gagner sa vie sous le régime nazi, peut basculer très rapidement dans le tragique : on veut l'arrêter à cause d’un aviateur anglais. Néanmoins, une sorte de solidarité commence à se manifester entre Augustin et Peter ; c’est cette solidarité, résultant de la scène en gestion, qui produira la suite de l’action et entame le tricotage du fil conducteur de notre fil.
Or, il faut regarder le ‘coup de théâtre’ de plus près. D’abord, Bourvil semble vouloir se livrer aux Nazis, avec l’idée qu’il n’a rien à craindre. Cependant, il constate qu’on ne lui fera pas grâce, ce qui le mène à s’enfuir. Cela nous rappelle, en quelques courts moments, la cruauté des Nazis envers toute personne qui semblait leur nuire. C’est donc une scène qui – à de faire rire – comporte des vérités sur le régime Nazi en France.
De surcroît, cette séquence résume, en quelque sorte, toute l’action du film. Elle marque le début d’une chasse que j’ai décrite comme je du chat et de la souris, une sorte de Tom et Jerry (comme le dit Gérard Oury dans une interview) qu'on retrouvera plus loin. Si l’on regarde la comédie plusieurs fois, on voit que cette scène anticipe la totalité du film : la petite souris, représentée par de simples hommes, donc Cunningham et Bouvet, échappe toujours au grand chat, représenté par le pouvoir nazi.

Deuxième séquence
Le premier plan de séquence montre Augustin Bouvet (Bourvil) et Stanislas Lefort (de Funès) couchés dans le même lit. Il faut savoir que Lefort s'élève énérgiquement contre cette situation, parce qu’il a toujours l’impression d’être supérieur à Bouvet et qu’il fallait respecter son souhait de ne pas partager son lit avec un simple peintre. Mais comme c’est la guerre, il doit accepter cet état de fait qui l'humilie. Bouvet commence à parler de mariage et est convaincu qu’après la guerre, il épousera Juliette (fille de la patronne). Comme il a fait sa connaissance en fuyant les Nazis, il dit même que « la guerre a du bon ».
Après un instant, Lefort se lève pour aller manger ; il ne voit aucun danger à se promener dans l’hôtel plein de Nazis, car la patronne l’a fait passer pour son mari afin de le sauver. Bouvet, amoureux de Juliette qui l’a fait, de même, passer pour son mari (deux fois déjà), décide d’aller lui rendre une petite visite pour lui avouer son amour. Il y va en faisant semblant d’être somnambule. Après être rentré dans la chambre de Juliette, il raconte comment il a, pendant la guerre, « rencontré une blonde » qui l’a fait passer pour son mari afin de lui sauver sa vie. Pour authentifier son état, il lui raconte que la guerre est déjà finie et qu’il faut fêter cela tout en l’embrassant. Or, Juliette s’en rend compte et le renvoie au lit.

Cette scène est importante et particulièrement intéressante, car elle montre bien que la vie privée d’un fugitif n’est pas forcément privée de bonheur et surtout d’espoir. Ce bonheur et cet espoir sont incarnés, à ce moment, par Bouvet. Il s’agit, comme nous verrons, de deux espoirs : Bouvet souhaite premièrement avoir accès au cœur de Juliette et, par conséquent, l’épouser; deuxièmement, en dépit du fait que cela soit un peu caché, il a le vœu que la guerre soit terminée (malgré le comique et l’ambiance romantique de la scène, il ne faut pas oublier sa situation : il est recherché par les Nazis). Il semble que cette scène est représentative à un grand nombre de destins – semblables à celui de Bouvet – de soldats ou d’autres fugitifs qui font la connaissance de femmes, qu’ils doivent par la suite laisser tomber, vu que leur situation ne leur permet pas de rester dans la France de Vichy.
La scène montre que, disons-le dans les paroles de Bouvet, « la guerre a du bon », faisant allusion au fait qu’elle peut réunir assez de hasard les cœurs de personnes qui s'aident les unes les autres, tandis que la première scène montre le contraire : l’absurdité de la guerre et la cruauté des Nazis.

Explications/ interprétations/ recherches du film dans sa totalité
Explication du film I
La Grande Vadrouille montre très bien que deux personnes, que tout oppose, dont une se prend pour un personnage meilleur que l’autre, qui ne s’aiment pas vraiment, sont, à partir du moment où ils sont accusés de collaborateurs avec les Anglais et, par conséquence, pourchassés par les Nazis, mises à niveau égal et dépendent soudainement l’une de l’autre. La guerre fait d’elles des Français qui partagent un même destin : ils sont des fugitifs malgré eux, et presque forcés d’être des résistants, bien qu’ils n’eussent ni la volonté ni les moyens d’en être. Il se manifeste à plusieurs reprises que dans leur nature, Bouvet et Lefort ne s’aiment pas vraiment et que Lefort se donne toujours plus de valeur qu’à son compagnon. Mais cette répulsion de l’autre est plusieurs fois mise à l’épreuve quand, soudainement, la solidarité entre eux (due à leur situation partagée) dépasse l'aversion entre eux : alors ils se sauvent la vie.
Ce film montre un impact très fort de la guerre au niveau microsocial : la société est totalement bouleversée et la place d’une personne plongée au coeur de la guerre ne dépend plus du niveau intellectuel ou du nombre des diplômes, mais du fait que l’on collabore avec les Nazis ou que l'on compte parmi les résistants.

Recherche sur le film II
(source : Documentation « Il était une fois… Louis de Funès », publiée en janvier 2013 sur la chaine TMC)
Le film connut un tel succès probablement, par ce qu'il mêle des ingrédients qu'il exploite à son complet avantage. Tout d’abord, il faut savoir que le duo de comédiens, composé de Louis de Funès et de Bourvil avait déjà réalisé ensemble Le Corniaud, un film dont l'intrigue se réalise en Italie et en France et qui avait connu, à l’époque, un succès phénoménal et, qui plus est, avait pu compter sur un budget qui dépassait grandement les sommes habituelles. Il fut manifesté que les deux personnalités qui se cachaient derrière de Funès et Bourvil jouaient parfaitement ensemble pour produire d’excellentes comédies. Malgré qu’il s’agît de deux caractères très forts et exigeants, ni l’un ni l’autre recula devant l’autre, leur forte amitié leur permit de jouer de très fortes scènes qui menèrent à un film couronné de succès. Quand on annonça l'intention de réunir de Funès et Bourvil dans un autre film du réalisateur Gérard Oury, qui savait qu’il « tenait de l’or entre [ses] mains », le public avait attendu un film au niveau ou supérieur même au Corniaud. Par conséquent, les salles étaient pleines pendant les premières semaines d’exploitation.
À ce moment se mit en marche le deuxième « moteur » de La Grande Vadrouille : son sujet. Le film raconte l’histoire, selon Oury réaliste, une histoire donc qui aurait pu se passer vraiment, de deux Français qui étaient tirés malgré eux dans une affaire qui est trop grande pour eux ; soudainement, ils se trouvent en position de petits résistants, fuyant devant les Nazis, accusés de collaboration avec des aviateurs anglais. Pendant leur fuite, ils sont capturés plusieurs fois, mais par des actions de l'aviation anglaise, ils se libèrent à chaque fois. Il s’agit donc d’un film véridique en un sens, mais en un autre sens d’un dessin animé, dû au fait que nous nous rappelons Tom et Jerry quand nous voyons les petites souris s’échapper de scène en scène. La légèreté avec laquelle la Deuxième Fuerre mondiale est traitée (compte rendu qu’à l’époque de la sortie du film on ne se trouvait pas si loin de la fin de la guerre) semble être une composante très importante de son succès ; hormis quelques moments de suspense, le spectateur est amusé, sans interruption pendant plus de deux heures.

Les Quatre Cents Coups par Syrina G. (révisé)


Le film en bref
Nom du réalisateur : François Truffaut
Production : François Truffaut & Georges Charlot (directeur de production)
Année de sortie : 1959
Scénaristes : François Truffaut, Marcel Moussy

Récompenses : Cannes Film Festival 1959 (meilleur réalisateur et prix OCIC), Bodil Awards 1960 (meilleur film européen), New York Film Critics Circle Awards (meilleur film de langue étrangère), Sant Jordi Awards 1961 (meilleur directeur étranger), French Syndicate of Cinema Critics 1960 (meilleur film)
Réception publique et critique: Quand le film sortit en juin 1959, 450'000 personnes allèrent le voir. Il a été très bien reçu et, en outre, il a été nominé pour plusieurs prix et en a gagné six.



Choix de deux séquences
Première séquence
Cette scène se trouve à peu près au milieu du film. Antoine doit lire La recherche de l’absolu de Balzac pour ensuite écrire un travail lié à ce sujet. Ce passage donne l’impression que la famille peut encore se remettre de ses problèmes, sentiment qu'on a perdu totalement à la fin du film (c'est ma deuxième scène).




Deuxième séquence
Antoine parle avec sa mère qui vient le voir dans l’internat et ensuite il s’enfuit en courant (la scène est encore un peu plus longue que l’extrait montré ici, mais il continue seulement à courir jusqu’à ce qu’il atteigne la mer)
J’ai choisi cette scène, car elle est touchante et: même si la fin reste ouverte, elle dit beaucoup sur ce qui s’est passé dans la vie d’Antoine et montre sa relation avec ses parents.





Résumé et importance des séquences
Première séquence
Après le petit passage comique qui montre le cours de sport, la scène capitale commence avec Antoine qui est couché sur son lit. Il est en train de lire La recherche de l’absolu de Balzac en fumant une cigarette. On entend comme il lit le texte dans ses pensées. Il fini, fasciné de ce qu’il vient de lire, et met le texte dans une boîte accrochée au mur de sa chambre. Dans cette boîte il met également une image de Balzac. Il referme un petit rideau devant la boîte pour cacher ses possessions. Ensuite, on se retrouve à l’école, où l’enseignant ordonne aux élèves d’écrire un travail sur un « évènement grave » de leur vie personnelle. Antoine s’inspire de Balzac et écrit sur la mort de son Grand-père. Plus tard, il allume une bougie dans la boîte à la maison avant de quitter la chambre pour dîner avec ses parents. Tout à coup, ils voient de la fumée. Antoine part en courant, sachant que cela doit être la boîte qui a commencée à brûler. Ils éteignent le feu et le père se fâche contre Antoine qui essaie d’expliquer ce qu’il a voulu faire. La mère intervient en disant qu’elle comprend et en demandant au père de laisser l’enfant tranquille, car elle a un accord avec lui.
Cette scène est importante parce qu’elle montre un moment intéressant dans la relation d’Antoine avec ses parents, ainsi que dans son attitude envers l’école. Antoine est pour la première fois motivé à l’école et a du plaisir à écrire son travail. En relation avec la totalité du film, cela ne changera pourtant pas son avis sur l’école parce que l’enseignant l’accusera d’avoir triché et il ne reçoit donc aucune reconnaissance pour ses efforts. Par la suite, il ne se donnera alors plus la peine de travailler sérieusement. En outre, c’est dans cette scène qu’on comprend mieux que les rôles des parents sont changés. C’est à partir de ce moment que la mère commence à défendre son fils (surtout parce qu’elle ne veut pas qu’il raconte à son père qu'il l'a vue avec son amant) et le père, qui était moins sévère au début, crie désormais après lui. Nous verrons dans la description de la deuxième scène en quoi cela change encore une fois plus tard dans le film.

Deuxième séquence
La deuxième scène nous montre la dernière conversation entre Antoine et sa mère. Elle vient le voir à l’internat pour lui dire qu’il ne pourra plus retourner chez eux parce que les voisins parlent déjà mal de la famille. C’est donc lui qui a gâché sa dernière chance. Elle lui rappelle également que son père et elle sont un couple très proche et qu’il a fait « beaucoup de peine à [son] père ». En plus, elle indique que le père d’Antoine est en fait son beau-père et que c’est grâce à lui qu’Antoine est en vie. Elle termine son discours en disant que son père ne s’intéresse plus à son destin et qu’elle n’a pas envie de le revoir non plus. Ensuite on voit les élèves de l’internat jouer au foot dehors. Antoine semble être doué, il court plus vite que les autres et quand personne ne le regarde, il s’échappe par un trou dans la clôture. Un enseignant le poursuit, mais il ne réussit pas à l’attraper. Il se cache sous un pont et poursuit ensuite sa fuite dans une autre direction, jusqu’à ce qu’il atteigne la mer (c’est la fin, mais ce n’est plus dans la scène). Il se promène dans l’eau et retourne finalement vers la côte.
La scène est essentielle pour le film, puisqu’elle montre qu’à la fin, toute tentative de changer la situation familiale a échoué. Les parents d’Antoine ne voient pas l’importance de respecter et d’écouter leur enfant. La mère qui, auparavant, l’aidait seulement pour garder son secret, se met maintenant en position de victime qui a eu des phases très difficiles dans sa vie qui lui sont désormais rappelées à cause d’Antoine. Par ailleurs, la nouvelle école n’est pas plus compréhensive face aux problèmes du jeune garçon et la prédiction de la mère qu’il va devoir travailler dur pour gagner sa vie terrifie Antoine. C’est pour cela qu’il s’enfuit. Pourtant, il ne peut aller nulle part, ce qu’il réalise une fois qu’il atteint la mer et ne peut pas courir plus loin. Il se retourne et s’arrête, parce que son chemin n'ira pas plus loin, mais il ne veut pas non plus s'en retourner. Le film se termine donc sur cette scène importante qui nous montre premièrement que la famille avait des problèmes dès le départ: la mère avait été enceinte d’un autre homme que le père officiel, et, deuxièmement, que les adultes ne font rien pour aider l’enfant qui est complètement perdu et ne sait plus quoi faire et où aller.

Explications/ interprétations/ recherches du film dans sa totalité
Le film commence sur un ton plutôt léger. Malgré qu’on ressente de la pitié pour cet enfant qui vit dans les circonstances très difficiles d’une famille pauvre et déchirée, on peut quand même s'amuser des blagues qu’il fait à l’école et les idées qui lui viennent à la tête. Mais plus on avance dans le film, plus on comprend qu’Antoine a besoin d’aide et de soutien et pourtant ne reçoit que du mépris de la part de ses parents et de l’école. Ainsi le film devient plus sérieux et triste parce qu’on s’aperçoit que l’enfant essaie de s’améliorer, mais que personne ne le reconnaît. La fin est cependant très lourde parce qu’elle est ouverte et, en même temps, suggère qu’Antoine reste tout seul au monde. Après les rares hauts et tous les bas du film, tout se termine avec un bas définitif dont on ne voit plus le recours. C’est probablement pour cela que le film s'arrête à ce moment précis. Cela montre qu’il n’y a plus rien a raconter, parce qu’il n’y a plus rien qui reste et, tout seul, il est peu probable qu’Antoine ait une bonne vie. En outre, le film ne montre pas uniquement l’échec de la famille, mais également celui de l’institution de l’école, qui maltraite les enfants et n’est pas là pour les aider quand les élèves souffrent de problèmes familiaux.


samedi 16 novembre 2013

Pierrot le fou par Nadia D. (version révisée)


Le film en bref :
Nom du réalisateur : Jean-Luc Godard
Production: George de Beauregard
Année de sortie : 1965
Scénariste(s) : Jean-Luc Godard
Adaptation : d’après le roman Obsession de Lionel White
Récompenses : Sutherland Trophy pour Jean-Luc Godard (British Film Institute Awards 1965), Prix de la critique et présence en compétition pour le Lion d’or à la Mostra de Venise en 1965
Réception publique et critique: Louis Chauvet juge que les films de Godard sont tous les mêmes et qu’il n’y a que le titre qui change. Il considère le film comme « imprégné d’un surréalisme de pacotille ».

Choix de deux séquences
Première séquence
La première séquence se situe au début du film. Elle est intéressante, car le personnage principal décide de quitter sa famille pour vivre une aventure avec une jeune femme. La première séquence contraste fortement avec la deuxième, c’est pour cette raison que mon choix est tombé sur ces deux séquences.


Deuxième séquence
La deuxième séquence se situe à la fin du film. Le personnage principal ne voit plus de sens dans sa vie et se suicide. Cela est l’aspect intéressant de la deuxième séquence. C’est par conséquent la fin de son aventure et en même temps la fin du film.



 Résumé et importance des séquences

Première séquence
Ferdinand, le personnage principal, s’est marié avec une femme italienne riche avec qui il a des enfants, cependant il n’est pas content de sa vie. En plus, il vient de perdre son travail à la télévision. Un soir, Ferdinand sort avec sa femme pendant qu’une jeune femme garde leurs enfants. La soirée ne satisfait pas du tout Ferdinand. Il s’ennuie et ne supporte plus la manière soutenue dont parlent les autres. Il se lève, prend du gâteau, le jette dans le visage de sa femme et rentre. Arrivé à la maison, il voit la jeune femme Marianne, une vieille amie et la raccompagne. En voiture, ils discutent de leur vie insatisfaisante et Ferdinand se décide à sauter sur l’occasion et s’en va avec Marianne.
La scène est très importante pour le reste du film, vu que c’est à ce moment-là que Ferdinand, le personnage principal, se décide à s’en aller avec sa vieille amie Marianne. Il quitte sa famille pour une aventure avec elle. C’est donc la sortie de la vie ennuyeuse et insatisfaisante de tous les jours et l’évasion hors de la société pour vivre des rêves. Les deux rejettent la société de consommation et veulent se libérer de toutes les contraintes sociales.

Deuxième séquence 
Cette séquence marque la fin de l’aventure de Ferdinand et de Marianne et est, en même temps, la fin du film. Marianne a réussi à convaincre Ferdinand d’entreprendre de nouveau une action dangereuse qui consiste à tuer deux hommes et à leur voler leur argent. Mais quand sa mission est accomplie, Marianne et son amant échappent à Ferdinand s’en allant en bateau. Ce dernier les suit sur l’île où ils se sont enfuis. Quand il les voit, il leur tire dessus. L’amant meurt tout de suite. En revanche, Marianne ne meurt pas toute de suite, elle saigne et Ferdinand l’amène dans la maison de l’île où elle meurt. Vu que Ferdinand ne peut plus vivre sous ces conditions, il décide de se suicider. Il peint son visage en bleu, prend de la dynamite et va sur un rocher où il met la dynamite autour de sa tête et allume la mèche. Mais juste après, il regrette sa décision et aimerait l’éteindre. Or il ne voit rien à cause de la dynamite qui entoure sa tête. C’est trop tard. Une explosion et un grand nuage de fumée suivent. Ferdinand meurt. Juste avant la fin on entend parler les voix de Marianne et Ferdinand qui se sont retrouvés pour l'éternité.
L’aventure de Ferdinand, pour laquelle il a tout abandonné, se termine dans cette séquence. Il voulait commencer une nouvelle vie avec Marianne. Mais elle l’a quitté pour son nouvel amant. Étant donné qu’il ne peut plus avoir Marianne, personne n’a le droit de l’avoir. C’est la raison pour laquelle il tire sur le couple. Du fait qu’il a tout perdu (Marianne avec qui était son dernier espoir), il ne voit plus de raison pour laquelle il devrait rester encore en vie. Il veut se suicider pour y échapper. Vu qu’il regrette sa décision au dernier moment, il n’était alors pas encore tout à fait prêt à abandonner sa vie. Pourtant, il n’a plus le choix, c’est trop tard. C’est la fin tragique d’un personnage qui voulait vivre ses rêves.

Explications/ interprétations/ recherches du film dans sa totalité

On considère le film parfois comme un exemple pour le postmodernisme. Le thème principal est l’éternité de l’amour et de la mort. Il s’agit d’un film coloré et poétique. Premièrement, coloré parce que les couleurs bleu et rouge y sont fréquemment associées. Parfois, il y a même le blanc avec les deux couleurs déjà mentionnés, c’est-à-dire que les trois couleurs du drapeau français y sont présentées. Les associations des couleurs sont souvent importantes. Deuxièmement, poétique pour celle raison que des pages de poésie en prose et d’autres calligrammes apparaissent de temps en temps. Ferdinand cite par exemple Proust comme aussi d’autres auteurs.
Le rejet de la société de la part des deux protagonistes est parfois un peu paradoxal, car ils utilisent eux-mêmes cette société de consommations qu’ils refusent tant. Le film montre bien le besoin que ressent un être humain de sortir de la vie de tous les jours pour vivre ses propres rêves et désirs à travers une aventure.