samedi 14 décembre 2013

Interview avec Nicolas Sarkozy et Jean-Marie Le Pen: par Marcelle M.



100 minutes pour convaincre: Le Pen/ Sarkozy sur l'immigration

Source : http://www.youtube.com/watch?v=6VCze_MpKso


Synthèse
Magazine et débat « 100 minutes pour convaincre » dont l'invité phare est le ministre de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy. L’interview se passe le 20 novembre 2003 sur le plateau de France 2. Ce dernier est interrogé sur sa politique en matière de sécurité, d'immigration, de laïcité, de pratique religieuse ainsi que sur des questions plus générales. Plusieurs invités, dont Jean-Marie Le Pen, réagissent aux propos du ministre ou l'interpellent sur d'autres questions. L’enjeu de cette émission télévisée est une allusion aux présidentielles de 2007. L’interview porte sur  l'un des thèmes de prédilection de Jean Marie Le Pen, le racisme "anti Français" et sur la suppression du droit du sol, celui-ci joue toujours sur la peur de l'invasion et finit par traiter Sarkozy de "fils à papa", Sarkozy lui répond "on n'est pas du même monde. Le problème qui se pose est : comment discuter sur l’immigration avec un ministre lui-même issue de parents immigrés et un politicien jugé « raciste » ?
J’ai choisi cette interview parce que Nicolas Sarkozy tout comme Jean-Marie Le Pen ont tous les deux une mauvaise réputation et le fait de les interviewer ensemble a selon moi pour but de divertir et de montrer deux adversaires de taille se battre au moyen du langage.


  

Typologie
 Il s’agit d’une interview argumentative : L’invité du plateau est Jean-Marie Le Pen, président du Front National. Ce dernier attaque la politique du ministre en matière d'insécurité, d'immigration, de loi sur la double peine. Leur débat est également passionné et donne lieu à plusieurs petites phrases piquantes (Jean-Marie Le Pen taxé d'homme "du passé", de "Mathusalem"...).


Transcription
[1:31 min]
J : journaliste (Olivier Mazerolle)
S : Nicolas Sarkozy 
P : Jean-Marie Le Pen
Transcription à partir de 1:28 -2:42

S : Dans ce que j’ai fait voter au parlement quelle est la mesure qui manque ? Qu’est-ce qu’il faut pour être efficace ?
J : [La mesure qui manque ?]
S :[Et qu’est-ce que vous feriez-vous ? Une nouvelle ligne Marginot1 ?]
J : [alors rapidement, rapidement]
P : [Non !]
S : Ah, bon !
P : Une réforme du code de la nationalité qui supprime ce droit du sol par lequel vous croyez [être devenu français]. (pointe S du doigt)
S : [Mais non !] (sourit)
P : Alors que vous êtes devenu Français par le droit du sang. C’est-à-dire par votre maman.
S : [Je vais vous donnez]
P : [Vous ne saviez même pas cela comme avocat et comme ministre] 
S : [Non ! Monsieur]
P : [Mais en fin ceci n’a pas d’importance pour vous.]
S : [Si, si, si! Je vais vous donnez une autre information…qui est très grave pour vous]. Parce que non seulement j’avais un père qui était étranger quand je suis né, (…) mais le père de ma mère (…) était étranger lui-même…
P : Haaaahhh
S : Est-ce que ça suffit pour avoir le droit du sang Mr. Le Pen ? C’est pour ça que le droit du sang, c’est une bêtise. Parce que [le droit du sang ne peut pas être]
P : [Haaaahh, c’est une bêtise !] (ébahie)
S : suffisant. Il faut le droit du sol, je vais vous l’expliquer pourquoi. Parce que [il y a toujours quelqu’un]
P : [Non ! Mais je, je, je]
S : qui a une idée folle dans la tête ! Parce qu’on a toujours un sang qui est pas suffisamment pur.
P : [oui, oui, mais parce que non, non ! Mais ne nous refaites pas encore]
S : [Faut combien de parents pour être français ?]
P : [Ne nous refaites pas cette antienne !!!]
S : [Le droit du sol… !]
P : [C’est toujours la même chose !!!]
S : [Mais ça vous gêne, mais parce que, non, non Mr. Le Pen…]
P : [C’est toujours la même histoire !!...]
J : [Alors…attendez, il va falloir qu’on arrête…] (rit)
S : Parce que le droit du sang, il y’a toujours quelqu’un qui pense avoir jusqu’à où ça doit [remonter…]
J : [Bon!] Est-ce c’est les parents ? Est-ce que c'est les parents ? Est-ce que c’est les grands-parents ?
P : [Non…]



Analyses

Analyse I
Les invités de cette interview sont connus pour leur vivacité de langue et d’esprit. Le début de la conversation marque le ton sur lequel la discussion va se dérouler. Les coupures de paroles sont toutes d’abord effectués par Le Pen mais Sarkozy arrive à s’imposer

Analyse II
Une autre tactique est de ridiculiser l’adversaire en sorte que celui-ci ne soit plus pris au sérieux par les spectateurs, comme dans le cas de Jean-Marie Le Pen à qui son tempérament explosif fait subir un préjudice.


Explications, recherches, interprétations
Interprétation/… I
Les débats politiques sont presque toujours polémiques car le spectateur est conscient de l’inefficacité des politiciens et surtout quand il s’agit d’élections présidentielles. Les électeurs remplacent un mal par un autre. Avant de le faire, ils ont le droit de se faire divertir par leur candidat: Dans le cas de Nicolas Sarkozy et Jean-Marie Le Pen on note avec quelle lassitude le premier entre dans ce duel. On comprend très vite que ce n’est pas la première fois que les deux s’affrontent. Pendant que l’ancien ministre de l’intérieur reste calme et pour la plupart du temps laisse son interlocuteur parler, Le Pen lui est plutôt irascible et personnel. Il rend Nicolas Sarkozy directement responsable du nombre d’immigrés en France. Est-ce qu'un homme à lui tout seul, dans un pays dit démocratique, peut décider de fermer les frontières et de ne laisser entrer aucune personne? Jean-Marie Le Pen sait très bien que le ministre fait des propositions et c’est au parlement d'en décider. Raison de plus d’affirmer qu’il ne s’agit que de distraction audio-visuelle.
Les deux tempéraments se sont confrontés. Mais l'avantage avait été en faveur de l’ancien ministre de l’intérieur.
Interprétation/… II
Quelle autre intérêt y avait-il à inviter Jean-Marie Le Pen qui lui aussi est un politicien de droite comme Nicolas Sarkozy? Cette question s’associe directement à la raison pour laquelle j’ai choisi cet extrait. Certes Le Pen est plus à droite que Sarkozy mais cela n’est pas selon moi une raison assez suffisante pour les réunir afin de parler d’immigration. L’ancien président du FN (Front National) a une réputation de « raciste » et son interlocuteur n’est nul autre qu’un étranger à la fois devenu français et ministre de l’intérieur. Cette interview rend la droite extrémiste de Le Pen ridicule, car il perd son sang-froid face une personne représentant un groupe de personnes qu’il n’aimerait plus voir en France. Ce qui laisse à penser que c’est une interview purement stratégique. Le Pen n’est plus qu’un Bouffon qui amuse les médias et dont la politique n’intéresse plus bons nombres d’électeurs. Les thèmes abordés par le FN ont beau sensibiliser le peuple français, les élections présidentielles sont toujours remportées par d’autres partis politiques moins – extrêmes.


1) La ligne Maginot, du nom du ministre de la guerre André Maginot, est une ligne de fortifications construite par la France le long de ses frontières avec la Belgique, le Luxembourg, l'Allemagne, la Suisse et l'Italie de 1928 à 1940.
Avec le temps, l'expression « ligne Maginot » est devenue synonyme d'une défense qu'on croit inviolable, mais qui se révèle totalement inutile.








































mercredi 11 décembre 2013

Interview avec Edouard Barde : par Sônia K.

120 secondes: L’initiative 1:12 – la parole à un partisan


Synthèse
L’interview avec Edouard Barde fait partie de la série des interviews de 120 secondes. Sous le titre 120 secondes les deux initiateurs de l’émission invitent des personnes fictionnelles dans leur studio de radio et les interviewent par rapport aux différents thèmes actuels en Suisse. Les interviews sont souvent satiriques et les invités représentent des stéréotypes particuliers. L’interview en question porte sur l’initiative 1 : 12 de la partie socialiste suisse qui a été récemment très discutée. L’interviewé est Edouard Barde qui est un socialiste vaudois de Lausanne et qui défend une position politique extrêmement gauche. De plus il comprend l’initiative d’une manière très idéologique et fait par conséquence des comparaisons inadéquat à la thématique. L’interviewer ne comprend pas du tout les propositions de son invité.
J’ai choisi cette interview parce que je trouve la façon de traiter des sujets actuels de « 120 secondes » très créative et amusante. De plus la référence à la situation politique actuelle est intéressante ; la discussion sur l’initiative 1 : 12 était très controverse. On connait bien les arguments des socialistes, mais « 120 secondes » donne une nouvelle direction à cette argumentation et se moque d’elle en donnant des exemples extrêmes.
 

 

Typologie
L’interview montre une typologie argumentative. L’invité essaie de persuader l’intervieweur en expliquant son point de vue sur l’initiative et en donnant des exemples qui devraient clarifier les intentions de l’initiative 1 : 12. Mais de l’autre côté on apprend beaucoup de la personnalité de l’invité, cela renforce l’aspect comique de l’interview et donne de plus une typologie narrative. Aussi parce qu’on sait que les personnages sont fictionnelles.

Transcription
Extrait: 0:00 - 2:45
INT = Intervieweur
BAR = Edouard Barde


INT  on reparle de l’initiative undouze qui demande que les salaires les plus élevés versés par une entreprise suisse ne puisse être pas plus de douze fois supérieur au salaire le plus bas versé par cette même entreprise. y en recevais un opposant au texte place ce matin un partisan Edouard Barde, bonjour.

BAR  oui bonjour

INT  vous êtes membre du comité directeur du parti socialiste vaudois, ancien membre des jeunes socialistes suisses, vous avez d’ailleurs participé à l’époque à la récolte des signatures pour cette initiative.

BAR  oui absolument, absolument oui dont il est vrai que l’on observe dans ce pays des inégalités qui deviennent de plus en plus inacceptables, de plus en plus choquants et que la population supporte de moins en moins. j’entends comment pouvez-vous accepter que un bardidougane, par exemple le patron gagne du crédit suisse gagne jusqu’à mille huit cent fois plus que son employé de banque le moins rum… le moins rémunéré.  

INT                                            rémuné… mhm    

BAR  j’entends c’est inacceptable.

INT  et qu’est-ce que vous répondez à ce qui craignent pour la compétitivité de l’économie suisse en cas d’acceptation de ce texte.

BAR  oui eh bien je les réponds qu’il s’agit des épouvantais. je vais vous donner un exemple très concrète : j’étais samedi soir au… à la brasserie du du lausanne palace pour manger un hamburger avec des camarades. eh bien, tenez-vous bien, il m’a été facturé quarante-huit francs alors qu’un burger au macdo coûte deux francs cinquante. j’entends que c’est un rapport de un à vingt. vous ne trouvez pas ça choquant, un à vingt ?

INT  oh eh, c’est certainement pas la même qualité de viande, ni d’service.

BAR  mais oui, c’est égal. c’est une inég…   une inég… in… c’est une inégalité…

INT  Inégalité

BAR  euh qui est choquante pour les amateurs de hamburger e-et je puis vous garantir que si par voie législative, eh bien, il était faite interdiction à la brasserie du lausanne palace de de facturer son hamburger…

INT  oui

BAR  …d’avantage que 30 francs eh bien, euh sa compétitivité ne serait pas mise à mal propos.

INT  mh… je suis d’accord, vous savez que je ne vois pas très bien le rapport entre votre exemple et l’initiative.

BAR  eh bien, c’est pour illustrer que toute des questions de prOportion, de proportion un douze, ça va plus que undouze, ça va pas ! Prenez un autre exemple, un gros bernianand qui est facturé jusqu’à cent cinquant mille francs, mais c’est un de cent qui peut se payer des voitures pareilles.

INT                                                    ouais

BAR                                                         …sI, euh, ça fait envie aux gens, ça ça les rend jaloux…

INT                                                 ouais

BAR  euh euh ça ça les fait stréssés, ça ça les frustre !

INT                                                 ça ça ex… la frustration hein

BAR             voilà a-alors que si on limitait le prix des voitures les plus chères à douze fois le prix des voitures les moins chères qui sont de l’ordre de huit mille francs actuellement. Eh bien nonant six mille francs, ça serait bien assez pour une voiture xx ça suffit, fau-faut pas non non plus autobuser !

INT                            mais…                     non, mais euh je ne vois toujours pas le rapport, en fait.

BAR  mais le rapport c’est un à douze !

INT                                       ouais…

BAR  c’est le rapport un à douze

INT                            hmm…

BAR  un à douze ça va, plus que un à douze ça va pas

INT                                                 d’accord un douze

BAR                                                 j’entends !

 
Analyses
Analyse I : La langue de l’invité se différencie de celle de l’intervieweur  en sorte que Barde parle avec un très fort accent suisse. On peut s’imaginer qu’il n’est pas d’origine suisse romande. Son intonation ressemble à celle de l’allemand. L’invité ne parle pas si fluide comme l’intervieweur.
Analyse II : Barde fait beaucoup d’autoréparations et se corrige soi-même. Cela fait probablement partie de la mise en scène comique de l’interview.
Explications, recherches, interprétations
Barde utilise des mots incompréhensibles comme par exemple : bradidougane ou bernianand. Au cas de « bradidougane » il ne s’agit pas d’un nom de CEO de la Crédit Suisse, mais probablement d’un gros mot pour un membre du management de Crédit Suisse qui a un salaire inacceptable après Barde. Ce qui concerne « bernianand » je peux m’imaginer que ce mot décrit une marque de voiture dans le langage familier ou est utilisé dans un sens péjoratif.

 

Interview 120 secondes: par Mélanie G.




Synthèse

C’est une émission de 120 secondes qui est une émission chronique radio humoristique et qui est tournée au studio de la Radio télévision suisse (RTS). Elle est constituée d’interviews avec des personnes fictives sur des sujets de l’actualité. L’émission en question : « La situation au FC Sion » a été réalisée le premier mars 2013. L’interviewer est Vincent Veillon et les interviewés sont deux hommes qui jouent le rôle de deux footballeurs de la première équipe du FC Sion, Patrick Lamon et Sylvain Roduit. La thématique de l’interview est la situation au sein de leur club après l’évincement de l’entraîneur Victor Muñoz par Christian Constantin.

Premièrement, j’ai choisi une émission de 120 secondes, parce qu’elles me plaisent et elles sont très comiques. Deuxièmement, j’ai choisi l’émission en question, après en avoir regardé quelques-unes sur youtube, parce qu’elle me paraissait assez marrante, surtout pour la manière dont les deux footballeurs parlent.  

 

Typologie

120 secondes est émission dont le but est d’être satirique. Il s’agit de reprendre un sujet de l’actualité et de le traiter d’une manière ironique pour se moquer d’une personne, d’un thème de discussion, d’un sujet en général, etc. Pour cette émission en question il s’agit de se moquer de la situation (qui n’est plus actuelle pour nous, car elle a eu lieu en mars) du FC Sion.


Transcription


A = Annonciatrice

I = Interviewer (Vincent Veillon)

P = Patrick Lamon

S = Sylvain Roduit

 

A : 120 secondes, l’invité d’la rédaction trois

I : après la défaite concédée par son équipe à Thun dimanche dernier Christian Constantin a décidé de mettre l’entraîneur du FC Sion Victor Muñoz sous la douche et ses joueurs devant leur responsabilité en les privant de coach. C’est l’capitaine le récent transfuge Gennaro Gattuso qui a été propulsé chef de groupe, mais sans statut officiel. On va parler de l’état d’esprit qui règne au sein du club avec vous ce matin Patrick Lamon et Sylvain Roduit. Bonjour

P : bonjour

S : bonjour

I : vous évoluez dans la première équipe du FC Sion, alors on va peut-être commencer par un bref retour en arrière. Racontez-nous s’qui c’est passé dimanche dernier à Thun.

P : ben, Chrstian est débarqué dans les vestiaires pour nous engueuler comme il fait à chaque match

S : oui, je trouve que là il était vraiment en [colère

P : [ouais], alors il a enlevé son manteau en cuir

S : il a déchiré sa chmise

P : il s’est mis à taper sur ses pectoraux en hurlant

S : comme King Kong

P : d’ailleurs depuis on l’appelle tous King Kongs

S : ensuite on a tous pris une [douche

P : [ouais]

I : une douche ? à la mi-temps ?

P : ben ouais, on avait tous chié au foc, alors on a dû prendre une douche et pis changer de short

S : et pendant qu’on était sous la douche, Christian il a changé d’chmise

P : ouais

S : et puis il a ouenché Muñoz

I : il a ouenché ?

P : ouencher, vous savez c’est quand vous tirez l’slip comme ça par derrière par surprise

S : c’est de l’humiliation [suprême

P : [ouais], dans le langage verbal à Christian ça veut dire dégage

S : nous quand on est sorti d’la douche, on a vu Muñoz avec son élastique du slip droit en-là sur les épaules et pis forcémang

P : on s’est dit, maintenant il va falloir qu’on s’démerde

I : sur les faits que Christian Constatin vous aurait répété le lendemain de retour à Martiny, je cite démerdez-vous ehh ça signifie quoi concrètement pour un footballeur de se démerder

P : ben, à l’entraînement on arrive sur le terrain, pis là il y a un qui dit : bon les gars on fait quoi ?

S : ouais, ben là il ya ya Gattuso qui dit un truc en calabrais qu’personne comprend

P : alors il y’en a un autre qui dit ben on pourrait jouer au foot

S : ben alors on joue au [foot

P : [ouais], on s’démerde quoi

I : et pour la composition d’l’équipe, la stratégie et tous les autres taches que que l’entraîneur est censé à assumer, euh, comment ça s’passe ?

S : ben, on s démerde

P : pour la composition d l’équipe, on fait ça zig zag zoug

I : mhh

S : pour la stratégie c’est simple, euh, le but c’est d’éviter que Christian gueule trop fort

P : ouais parce que c’est quand même nous qui nettoyons nos shorts

I : mhh

S : et pour le reste, ben [on s démerde

P : [on s démerde

I : ça a assez bien fonctionné pour le match de mercredi soir puisque Sion a emporté contre Lausanne 2 à 0

P : ouais, la stratégie a bien fonctionné ce soir-là

S : Christian il a pas trop gueulé, il nous a même collé une ptite bi sur le front à tous après l’match

P : ouais, comme ce ci (fait un bisou sur le front de S) bon gamin, bon gamin

S : merci Christian

P : merci à toi

I : comment vous voyez la suite d’la saison ?

P : ben on va complètement merder la fin du championnat

S : sans entraîneur vous imaginez ?

P : ouais et pis on va emporter la coupe de suisse

S : pour faire plaisir à Christian

I : mais comment vous pouvez être si défaitiste pour le championnat et et aussi optimiste pour la coupe ?

P : ben le championnat c’est du sérieux

S : alors qu’la coupe il y en a que le FC Sion qui en a quelque chose à battre

P : les autres équipes elles ont compris que c’est le jeu du folklore

S : vous avez vu le match mercredi soir à la Pontaise

P : un stade vide et puis un Lausanne sport complètement démotivé

S : c’est sûr la coupe de suisse ça fait plus bander personne

P : ouais à part à part quelques journalistes

S : et Christian

P : lui il fait la collecte

I : très bien Patrick Lamon et Sylvain Roduit, j’rappelle que vous appartenez à la première équipe du FC Sion et j’vous remercie d’être venu nous faire part de l’ambiance qui règne au sein de votre club. Bonne journée et bonne suite de saison

P : [merci]

S : [merci]

A : 120 secondes avec les magasins de chaussure Pompe It Up et Pompes Funèbres

 
Analyses

Analyse I

Les interviewés laissent souvent tomber la voyelle « e » ce qui donne des énoncés comme par exemple « Comment vous voyez la suite d’la saison ? ». En outre, ils laissent tomber le « ne » lors de la négation. Le résultat est des énoncés comme par exemple : « Christian il a pas trop gueulé ». La négation n’est donc plus construite avec les éléments « ne » et « pas », mais il y a qu’un élément des deux qui reste. Ces deux exemples sont typiques du parler oral, c’est un phénomène d’oralité.
 

Analyse II

À l’oral on utilise souvent des mots ou des expressions qui ne font pas partie du français standard. Dans cette interview, on trouve l’exemple de « ouencher » qui veut dire tirer le slip par derrière comme nous explique l’interviewé. On ne pourrait pas écrire ce mot dans un texte académique par exemple, puisqu’il fait vraiment partie du parler oral.
 

Explications, recherches, interprétations


L’interviewer demande aux footballeurs pourquoi ils sont si défaitistes pour le championnat et si optimistes pour la coupe. Le FC Sion est une des seules équipes de Suisse qui n’a jamais perdu la finale de la Coupe de Suisse. L’autre équipe qui n’a jamais perdu à la finale est le FC Wil qui y a participé qu’une seule fois où ils ont remporté une victoire. Le FC Sion occupe la deuxième place dans le classement des victoires à la finale de la Coupe de Suisse.

 

Transcription de l'interview de Stéphane et Christiane Hessel version révisée



« Pardonnez-moi » - Transcription d’une interview avec Stéphane Hessel
Synthèse
L’interview a été faite dans le cadre de l’émission « Pardonnez-moi » le 8 janvier 2012 et, donc, environ un mois avant la mort de Stéphane Hessel.
L’intervieweur s’appelle Darius Rochebin, il s’entretient avec Stéphane Hessel et sa femme Christiane.
Où : Sur un plateau de la Radio Télévision Suisse francophone RTS
Pourquoi ? Darius Rochebin reçoit chaque semaine une personnalité suisse ou étrangère, dont surtout des politiciens, chanteurs/chanteuses ou des acteurs/ actrices.
Quel en en est la thématique ? Stéphane Hessel et sa femme Christiane, auteure,  sont interviewés sur leurs vies bouleversantes qui étaient/sont façonnées par leur engagement pour la justice comme les droits de l’homme, la démocratie etc.

J’ai choisi cette interview parce que Stéphane Hessel était un des grands intellectuels français. Sa biographie m’a toujours impressionnée et son engagement politique pour la paix dans le monde est un très bon exemple, car même dans ses dernières années, il n’a pas cessé de « s’indigner » contre l’injustice et de prendre des positions, qui, parfois, reflétaient des vérités désagréables.
I : Interviewer C : Christiane Hessel  S: Stéphane Hessel

Transcription
I :   Christiane Hessel, Stéphane Hessel, bonjour.
S, C. : Bonjour
I :   Stéphane Hessel, on ne vous présente plus, vous êtes la figure de l’indignation en Europe et au-delà. Euh, Christiane Hessel, on vous présente encore [mais vous] n’êtes pas seulement l’épouse de, vous êtes auteur de « Gaza, j’écris ton nom », on va en parler, parler de votre couple, de cet engagement, de cet aventure extraordinaire qui vous arrive depuis la publication d’ « Indignez-vous », combien d’exemplaires, Stéphane Hessel ?
C :   [*rire*oui]
S :   Maintenant on est à trois millions en langue française mais euh on est dans un ou deux millions dans 40 autres langues.
I :   Quarante traductions! C’est gigantesque, [hein ? Euh], qui échappe encore au phénomène « Indignez-vous »
S :   [Oui Euh], La Chine, c’est tout juste,  La Corée du Sud, ça y est, la Pologne, ça y est, l’Australie ça y est, mais euh bien sûr bon il y a encore des pays, Israël, j’aurais bien voulu que ça soit publié en hébreu. 
I :   Les Etats Unis. Même aux Etats-Unis, même à Wall Street quand vous avez vu  débarquer ça aux Etats-Unis, Christiane Hessel, j’imagine que ça vous a surpris vous-mêmes n[on ]? 
C :   [Ah,] nous, euh, nous avons une vie bouleversée, [xxx*rire*]
I :   Le, le temps, je passe avec une vitesse j’imagine inouï, vous êtes demandé partout, hein ? Vous avez un agenda hein, incroyable. [xxx] toujours pas de téléphone portable ?
C.    Non. [Ni d’in]ternet. [xx] Ni d’internet on est résistant.             [*rire*]
I :   [Non, c’est la résistance ça ne vous] ça  ne vous empêche pas d’avoir un emploi de temps inouï, vous êtes demandés dans les quatre coins du monde, y compris ici en Suisse, vous avez rencontrés les Indignés [euh], Stéphane Hessel, c’était comment ?
S :   [voilà]ça a été très  sympathique, ce sont des jeunes, et des jeunes engagés dans une indignation pacifique, heureusement très pacifique et ils disent qu’ils soutiennent l’esprit de Genève, ce qui m’est très proche, j’ai vécu à Genève quatre années importantes comme représentant de la France au (prédestination de Juni), l’esprit de Genève c’est un esprit de liberté et de générosité et c’est ce que ces indignés défendent.
I :   Vous avez nonante-quatre ans, [euh e on on euh] vingt quarte ans, vingt-deux ans, parfois moins, parfois plus aussi. [
S :   [oui]
C :   [Il] y a quelque vieux aussi [*rire*]
I :   & Oui, il y a tous] les âges, absolument, euh, c’est ce brassage de génération, ça doit être assez impressionnant.
C :   C’est intéressant, c’est intéressant. Et moi j’ai eu le privilège d’un baisemain hier soir par euh celui qui est le principal animateur des indignés, alors quand même
I :   L’indignation n’empêche pas la courtoisie [la ga]lanterie
C :   [Abso]lument, absolument, ils ont, ils ont ont été très gentils, je veux dire, ils nous ont très gentiment accueillis [mê]me avec du chocolat.
I :   [Et], et l’amour ? Puisque votre histoire a débuté jeune, vous vous connaissez depuis combien de temps ?
S :   Depuis soixante-cinq [ans.xxx]
I :   [ouais c’est] assez chic de dire qu’on se connait  plus que soixante-cinq ans, c’est [plus] chic de dire que depuis la semaine dernière.
C :   [*rire*]
S :   Bien, voilA, mais je (naivais) pour nous de lieu, nous nous sommes connus, nous sommes rencontrés, nous nous retrouvons et pour MOI ce qui m’a particulièrement plu dans l’attitude de ces indignés, c’est leur côté paisible, pacifique et modéré. J’ai toujours un peu peur que le mot « Indignez-vous » qui est un mot provoquant  suscite de la violence. C’est le contraire de ce que je souhaite.
I :   ça n’est pas de la rage dans votre esprit, n’est-ce [pas] ?
S :   [n]on C’est de la reconnaissance qu’il y a des choses inadmissibles contre lesquelles il faut protester et contre lesqu’ il faut cONtester mais pas contester en jetant des cailloux, mais contester en se défendant contre toute récupération par des gens qui essayent de vous faire croire que ces valeurs qu’on défend ne sont plus les valeurs d’aujourd’hui.
I :   On va évoquer votre parcours extraordinaire. Naissance à Berlin en 1917 euh l’arrestation par la Gestapo en 44, la déportation, la torture, euh, la résistance sous sous différentes formes euh vous saviez, Christiane Hessel, que vous épousiez quelqu’un d’hors-norme, j’imagine
C :   Oui, j’ai toujours su toujours que Stéphane était quelqu’un de hors-norme, je l’ai connu quand même après la guerre après son épopée dans les camps de concentration, donc je savais que c’était quelqu’un d’exceptionnel, mais évidemment je ne m’imaginais pas le tourbillon dans lequel nous nous trouvons aujourd’hui.

[xxx] = mots incompréhensibles

Analyse I
Il est assez intéressant que Stéphane Hessel arrête tellement vite de parler de l’amour entre lui et sa femme. Il semble vouloir aborder exclusivement les sujets de la politique et de « l’indignation ».
Analyse II
Quand l’interviewer dit : « Le, le temps, je passe avec une vitesse j’imagine inouï, vous êtes demandé partout, hein ? Vous avez un agenda hein, incroyable. », il semble avoir voulu dire
« Le, le temps, il passe avec une vitesse j’imagine inouï, vous êtes demandé partout, hein ? Vous avez un agenda hein, incroyable »
Le lien entre les phrases reste quand même un mystère.

Explication et recherche
Explication:
Quand Stéphane Hessel dit : « […] bon il y a encore des pays, Israël, j’aurais bien voulu que ça soit publié en hébreu. », il fait allusion à sa position en faveur de la Palestine. Il défend les droits de l’homme et s’oppose au fait que certains Sionistes maltraitent les Palestiniens. Il fait appel à une indignation collective qui vise à faire cesser des conflits en trouvant des solutions pour une paix durable. Malheureusement, il est assez exceptionnel qu’une personne publique prenne position contre le fonctionnement de l’état d’Israël, parce que souvent on met l’antisémitisme et l’antisionisme dans le même sac. Il faut donc mentionner que la liberté avec laquelle Stéphane Hessel prend position est aussi soutenu par son expérience de guerre et au fait qu’il a lui-même été dans les champs de concentration – ainsi il risque moins d’être accusé comme antisémite.
Recherche :
Deux extraits tirés de son œuvre « Indignez-vous ». Stéphane Hessel sur « la pire des attitudes »…:
«C’est vrai que les raisons de s’indigner peuvent paraître aujourd’hui moins nettes ou le monde trop complexe. […] Mais dans ce monde, il y a des choses insupportables. Pour le voir, il faut bien regarder, bien chercher. Je dis aux jeunes: cherchez un peu, vous allez trouver. La pire des attitudes est l’indifférence, dire "je n’y peux rien, je me débrouille". En vous comportant ainsi, vous perdez l’un des composantes essentielles qui fait l’humain. Une des composantes indispensables: la faculté d’indignation et l’engagement qui en est la conséquence.»
…et sur la non-violence :
 «Je suis convaincu que l'avenir appartient à la non-violence, à la conciliation des cultures différentes. Il faut comprendre que la violence tourne le dos à l’espoir. Il faut lui préférer l’espérance, l’espérance de la non-violence. C’est le chemin que nous devons apprendre à suivre. Aussi bien du côté des oppresseurs que des opprimés, il faut arriver à une négociation pour faire disparaître l’oppression; c’est ce qui permettra de ne plus avoir de violence terroriste. C’est pourquoi il ne faut pas laisser s’accumuler trop de haine.»